‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecsChapitre 105 sur 251 · Ov., VI · texte numérisé non relu

Ov., VI

5. Ebert, Der Anachronismus in Ovids Metamorphosen, Ansbach, 1888.

6, Haupt sur Ov., XV, 288 et 293. Ces erreurs foat comprendre que des copistes se soient crus autorisés à introduire dans le discours de Pythagore des vers

dans les Métamorphoses. M. Rbert s'est attaché surtout à montrer qu'on le rencontre sans cesse dans la peinture des mœurs çt des usages. La maison des temps héroïques, c'est la maison romaine ; le vêtement, c'est le vêtement romain ; les cérémonies du mariage et des funérailles, les rites du culte se célèbrent a la romaine ; les guerriers combattent commue les soldats des légions ; les enfants des héros vont à Técole, ils portent la bulle au cou et apprennent à écrire. Ovide en effet est peut-être de tous les poètes latins celui auquel le goût du primitif est resté le plus étranger \ Il a plus qu'aucun autre l'âme moderne et il s'en fait gloire : « Que d'autres regrettent l'antiquité, s'écrie-t-il ; pour moi je me félicite d'être né si tard ; ce siècle il convient à mes goûts.

Prisca juvent alios : ego me nu ne denique natum Gratulor ; haec aetas moribus apta meis. »

Et ce n'est pas, ajoute-t-il, parce que le bien-être a augmenté, parce que l'homme a dompté la nature a force d'énergie ; « c'est parce que nous sommes plus cultivés et que la rusticité de nos premiers aïeux ne s'est pas perpétuée jusqu'à nous.

Sed quia cultus adest née nostros mansit in annos Rusticitas priscis illa superstes avis ^. »

Et notons encore ceci : il sait très bien que les épouses d'Hector et d'Ajax étaient simplement vêtues, c'est lui-même qui le dit'*; par conséquent il n'est pas sans avoir remarqué la différence qui sépare les mœurs homériques de celles de son temps. Mais il lui plaît mieux de ne pas peiner sur un pastiche: ses héros seront tels que peut se les figurer sans étude un contemporain d'Auguste. M. Ebert a montré que ce dessein se trahit dans la mise en scène, et pour ainsi dire dans le décor du poème. Mais il n'est pas moins évident que l'anachronisme est aussi dans les pensées, dans la manière de concevoir les caractères, dans les discours que tiennent les personnages. Or des poètes grecs avaient déjà usé, avant

apocryphes, où il est question de la déchéance d'Athènes comme d'un fait accompli (XV, 426-430). Ici vraiment la faute est trop grossière pour qu'on puisse l'attribuer à Ovide. Korn, Ehwald, et Riese, dans leurs éditions, s'y refusent également.

I. Voyez ce que Taine dit deTite-Live, Essai sur Tite-Live, p. i5et77. Virgile lui-même, malgré ses efforts, n'a pas toujours réussi à éviter ce genre d'anachronisme; Gaston Boissier, Nouvelles prqmenades archéologiques, p. 356-357.

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