‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecsChapitre 109 sur 251 · CHAPITRE VII LA NARRATION ÉPIQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII LA NARRATION ÉPIQUE

Ovide, comme tous les Romains cultivés, a été nourri, dès son jeune âge, de la lecture d'Homère ; comme toute l'antiquité, il rappelle a le grand, l'immortel Homère. » Ses ouvrages sont une source inépuisable, où viennent s'abreuver ses successeurs ; il est le type du poète parfait, ou plutôt il est la poésie même *. Mais Ovide partage, a peu de chose près, l'opinion de Callimaque: après avoir payé au père de l'épopée un juste tribut d'hommages, il se tourne vers des auteurs dont les goûts répondent mieux aux siens et dans la société desquels il se sent moins petit. Le grand Homère est aussi « le vieil Homère, antiquus^ senex Homenis'. » La poésie guerrière surtout n'a point de charmes aux yeux d'Ovide ; il avait bien composé, pour ses débuts, une Gigantomachie ; elle ne manquait point de souffle, paraît-il ; mais c'était Ih une erreur de jeunesse ; il aimait Corinne ; qu'aurait-il gagné à chanter Achille, Hector et Ulysse ? Il a donc dit adieu aux illustres guerriers de la mythologie'. Ces déclarations, par où s'ouvrent les deux premiers livres des Amours, il les a renouvelées, à la fin de sa carrière, du fond de son exil^. Sans aucun doute elles expriment sa véritable pensée ; il ne faut donc pas s'étonner que le sujet de Y Iliade tienne en quelques vers dans les Métamorphoses'^. Il a bien pu prendre dans le poème grec quel-

I. Ov., Am., I, 8, 6i ; ID, 9 ; III, 8, 28 et 9, 25 ; Art d'aimer. II, 4. 109, 279 ; III, 4i3 ; Rem., 365, 373; Tristes, \, i, 47; 6, 21 ; II, 379; IV, 10. 32 ; Ponl., II, 10, i3; m, 3, 3i; 9, 24; IV, 3, 31 et 13, 37.

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