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sants du fleuçe Argien Inachus^^ enfin qu'on ne nous fasse aucun conte du même genre*. » Tel est le langage que Platon, après beaucoup d'autres sans doute, tient dans Isi République; ce sera jusqu'à la fin de Tantlquité celui de toutes les sectes philosophiques issues de l'enseignement de Socrate.
Cependant elles n'interdisaient pas à la poésie l'usage des fables ; au contraire elles en faisaient son domaine propre ; pour Platon, comme pour Aristote, il n'y a pas de poésie là où il n'y a pas de fables, et sur ce point encore tous les auteurs classiques partageront leur manière de voir'*. Aussi depuis le vi* siècle, c'est-à-dire depuis le temps des premiers philosophes jusqu'à l'époque alexandrine, les métamorphoses s'épanouissent également dans tous les genres poétiques, mais surtout dans le lyrisme et la tragédie. On ne se borne pas à reprendre celles qui avaient été déjà traitées par Homère, par Hésiode et par les cycliques : on en introduit de nouvelles. Simonide d'Amorgos, adaptant ces inventions fabuleuses au ton comique de l'iambe, imagine que chaque femme, suivant son caractère, est née de quelque animal qui lui ressemble: la malpropre de la truie, la rusée du singe, la bonne ménagère de l'abeille*. Le grave Phocylide lui même ne dédaigne pas ce badinage^. En même temps on développe et on embellit les métamorphoses qu'on emprunte à des poètes plus anciens ; souvent la tragédie leur donne un souvenir dans les chœurs et dans les récits. Eschyle dans le Prométhée enchaîné ose encore davantage : il met sous les yeux des spectateurs la jeune lo, la nymphe « aux cornes de génisse », poursuivie par un taon qui l'aiguillonne sans relâche ; elle fuit à travers le monde dans une course éperdue ® ; arrivée sur le Caucase, elle raconte eUe-même à Prométhée toute son histoire ; elle dit comment des songes lui ont révélé l'amour de Zeus et l'ont invitée « à rassasier le désir qui brûlait dans ses yeux' ». Les poètes tragiques du
I. Fragment des SavTpiat d'Eschyle, dans Nauck, Tragicorum graecorum fragmenta, 2« édit. (1889), Aeschyli fragm. 168. 3. Plat., Bépuhl., II, p. 38o, 38i.
3. Plat., Phédoriy p. 61 b : « tÔv îuoirjTrjv Seî, e.XizBp |j.éXXet ::oitÎtt|ç eTvai, tuoieîv piuOouç. » Aristote, Poét., 1 et 6. Cf. Plut., Sur la manière de faire lire les poètes aux jeunes gens, 2.
4. Poetar. lyricor. graecor. fragm. ^ éd. Bergk, t. II ; Simonide, fragm. 7.