Ebert, p
4. Apollon. Argon, II, 102. Voyez aussi dans le même genre 107.
pareils exploits ont dû être aussi rares dans les phalanges macédoniennes que dans les légions, et c'est bien pour cette raison même que les hyperboles d'Apollonius et d'Ovide sortent de la vraisemblance. Mais on ne peut pas leur reprocher de n'être point nés au temps d'Homère.
Si Ton veut être juste il faut, quand on étudie ces tableaux d'Ovide, tâcher d'éviter soi-même les fautes qu'on reprend en lui ; c'est-à-dire que l'on doit se mettre, autant que possible, dans les dispositions d'esprit où il s'est trouvé en composant ses récits héroïques et leur demander uniquement le genre de plaisir qu'il a entendu nous procurer. Ce qu'il a cherché à produire avant tout, ce sont des effets plastiques. MM. Schônfeld et Wund^rer ont essayé de préciser les rapports que les Métamorphoses présentent avec l'art antique*. Tous deux ont suivi le même plan ; ils ont d'abord étudié les passages où sont décrites des œuvres d'art imaginaires, les portes du palais du SoleiP, les tapisseries de Minerve et d'Arachné ^, le cratère d'Énée*. Puis ils se sont demandé s'il y a dans les Méta^ morphoses des tableaux, où Ovide aurait imité directement, non des poèmes, mais des œuvres dues à des sculpteurs ou à des peintres. Les résultats de cette recherche sont des plus incertains ; mais la question était insoluble ; pour la résoudre il faudrait que nous eussions conservé tout ce que la Grèce avait produit avant Ovide dans le domaine de la poésie et des beaux-arts, et même dans ce cas, son propre témoignage nous faisant défaut, le doute serait toujours permis. Le portrait qu'il fait de Cassandre^ lui a-t-il été inspiré par les poètes, ou par un tableau de Théorus, qui se voyait à Rome dans le temple de la Concorde ® ? Bien habile qui pourrait en décider. Néanmoins la conclusion de M. Wunderer est très juste'': aucun poète latin du temps d'Auguste n'a subi plus profondément l'influence des artistes grecs. Vouloir l'établir par une comparaison minutieuse entre ses vers et les monuments qui nous restent est une entreprise chimérique ; mais il est bien
I. P. Schônfeld, Ovids Metamorphosen in ihrem Verhàltniss zur antiken JTk 715^, Leipzig, 1880; W. Wunderer, Ovids Werke in ihrem Verhàltniss zur antiken £unst, Ërlangen, 1889. Wunderer a étendu la question à tous les ouvrages d'Ovide.