‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecsChapitre 134 sur 251 · Ov., Am., m, I · texte numérisé non relu

Ov., Am., m, I

8. Ov., Tristes, II, 38i-4o8. Il ne peut être question là que de la tragédie grecque, et non de la tragédie latine; Ovide ne parle que des Grecs depuis le vers 36 1 jusqu'au vers 420 ; cf. 421, 422. Il résulte aussi des vers 36i-38o qu'il ne parle que des maîtres. Kalkmann (A.), De Hippolytis Euripideis quaestiones novae, Bonn, 1882, p. 107, soutient que cette énumération a été empruntée par Ovide à un catalogue de tragédies, mais qu'il n'avait jamais lu les originaux et que l'influence des tragiques sur son esprit a été nulle. Gomme Ehwald .(dans Iwan von Miiller, Jahresb., XXXI, 1882, p. 166) je repousse absolument cette théorie.

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l'allonger beaucoup S et nous devons l'en croire; il est évident que la tragédie grecque lui fournissait un précieux secojurs pour ses poèmes mythologiques. Dans les Métamorphoses notamment il avait presque partout l'occasion de s'en inspirer; elle s'imposait d'abord à lui par la masse des légendes qu'elle avait développées ; pour ne parler que des trois poètes classiques du genre, leur œuvre représentait un total de plus de deux cent cinquante pièces, où se trouvait mise en action une grande partie des fables qui pouvaient entrer dans la composition des Métamorphoses. Si l'épopée oflFrait à Ovide des modèles de descriptions et de récits, la tragédie lui enseignait à faire parler les passions. La quantité de discours qu'il a insérés dans chacun des livres du poème suffirait déjà, à première vue, pour attester que cette catégorie de modèles ne l'a pas laissé indifférent. En les imitant il revenait aux monologues pathétiques qui lui avaient si bien réussi dans les Héroïdesy avec cette différence cependant que les situations et les caractères des personnages étaient cette fois beaucoup plus variés.

Nous avons à nous demander d'abord quelle est dans la matière des Métamorphoses la part qu'il faut attribuer à chacun des trois grands tragiques grecs. Jusqu'ici personne n'a pu définir avec quelque précision celle d'Eschyle'; mais il est bien douteux qu'Ovide lui ait rien emprunté directement. Un des morceaux les plus célèbres du poème latin, c'est le récit de la dispute qui s'éleva entre Ajax et Ulysse pour la possession des armes d'Achille^; il y avait une pièce d'Eschyle sûr ce sujet*; les fragments qui nous en restent ne sont pas sans offrir quelque ressemblance avec certains vers d'Ovide^, mais dans l'intervalle de quatre siècles, qui le sépare du grand tragique, la Dispute des armes a inspiré beaucoup d'autres productions, et nous savons par des preuves manifestes qu'il en a profité^. La même réserve s'impose si on

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