‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecsChapitre 135 sur 251 · Rohde, p. 129 ; Plaehn, p. i · texte numérisé non relu

Rohde, p. 129 ; Plaehn, p. i

allègue VOrithye d'Eschyle* à propos du passage où il est question des amours de Borée*. En somme, il n'est même pas très vraisemblable qu'Ovide ait eu beaucoup de goût pour ce mâle génie et ce qui apparaît le plus clairement ce sont les contrastes qu'on aurait à signaler si on les rapprochait l'un de l'autre. Sophocle est pour Ovide le plus parfait des auteurs de tragédies ; son nom est le seul qu'il cite, quand il en cherche un qui représente avec un éclat impérissable le genre tout entier"*. On ne peut guère douter qu'il imite les Trachiniennes dans le morceau où il raconte les souffrances d'Hercule dévoré par la fatale tunique de Nessus*. Peut-être aussi avait-il fait des emprunts à certaines pièces de Sophocle aujourd'hui perdues, telles que la Niobé, le Térée et les Coupeuses de racines^. Mais Euripide a eu pour lui, comme pour tous les poètes latins, un attrait plus puissant, et les causes en sont multiples. Il y a dans les drames d'Euripide une unité beaucoup moins forte que dans ceux d'Eschyle et de Sophocle ; il est d'autant plus facile d'en extraire des scènes qui se suffisent à elles-mêmes. Il excelle a exprimer les sentiments de l'humanité moyenne ; par là il fournit souvent le modèle de scènes familières, où les héros de la fable parlent un langage à la fois simple et pathétique. Il fait à l'amour une place considérable dans son théâtre^; enfin il aime à prêter à ses personnages des discours contradictoires qui rappellent les luttes du barreau^: autant de traits que nous retrouvons dans les Métamorphoses, On a dit avec raison qu'Euripide était le père deTalexandrinisme; c'est expliquer d'un mot pourquoi entre tous les tragiques du V® siècle il a particulièrement séduit Ovide; mais aussi pour cette cause même nous sommes souvent très embarrassés.

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