‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecsChapitre 146 sur 251 · Ov., VIII, 48i à 5ii · texte numérisé non relu

Ov., VIII, 48i à 5ii

3. Chasse de Calydon, Ov., VIII, 299 à ^24 ; Mort de Polyxène, Ov , XIII, 45o à 480 ; Mort d*Hippolyte, Ov., XV, 492 à 546.

4. Sur la rhétorique dans Ovide voyez notamment Gaillard, p. 326; J. G. Jahn dans son édition, II, i. Introd., p. 19 à 21 ; Zedritz, p. 27; Liebau, p. 3 ; Rohde, Griech. Roman, p. 128, 129, note i ; Ehwald, Ad historiam carminum Ovidianorum recensionemque symholae, II, progr. de Gotha, 1892, p. i4 ; Léo, De Stati SitviSj Gœttingue, 1893, p. 9.

t54 LES MÉTAMORPHOSES d'oVIDE

Or ces discours, qui rentrent dans le genre des suasoriae^ il y en a bien peu qui n aient été traités déjà par un des maîtres de la scène attique : et voilà le jeune homme amené dès Tâge de quinze ou seize ans à lutter avec eux sous la direction du grammairien ou du rhéteur ; car la suasoria est du domaine de l'un et de l'autre *. Il faudra faire parler Médée au moment où elle va immoler ses enfants, Niobé pleurant devant les cadavres des siens, Achille irrité de Fenlèvement de Briséis, etc...'. Nous ne pouvons pas déterminer exactement à quelle époque ces exercices sont entrés dans la pratique des écoles ^, mais on ne saurait douter qu'ils fussent usuels depuis assez longtemps lorsque Ovide faisait ses classes*. On nous dit qu'il avait une préférence marquée pour les suasoriae^. Un de ses maîtres, le famçux Porcins Latro, lui a fourni des modèles de déclamations mythologiques dont il a profité". Nous n'avons qu'à parcourir les Métamorphoses pour apprécier les résultats de cet enseignement. Un jeune Romain, nommé Q. Sulpicius Maximus, mort sous Domitien à Tâge de onze ans et demi, s'était distingué au concours du Capitole en récitant une pièce de vers grecs de sa composition, où il faisait parler Jupiter reprochant* au Soleil d'avoir abandonné son char à Phaéthon \ Ovide avait déjà écrit le discours du Soleil à Jupiter *. Un rhéteur du Bas-Empire recommande aux jeunes gens, désireux de se former à la parole, d'étudier les ouvrages qui ont été écrits sur les métamorphoses®. Ainsi dans son poème Ovide

1 . .lullien, Les professeurs de littérature dans l'ancienne Rome, p. agô et 3io.

2. Libanius, 'H6o;:oLa', dans rédition complète de ses œuvres oratoires publiée par Reiske, t. IV, p. 1009 ; cf. dans les Rhetores graeci de Spengel, t. II, p. i5 et 44 : Aphthonius, npoYU|J.vaa[jLaTa, XI; Hermogcne, ripOYU[xvaa[jLaTa, IX. Voyez aussi Sénëque, Suas., 3.

3. Suivant l'opinion la plus générale, ce serait au temps deDémélrius de Phalère: « Fictas ad imita tionem fori consiliorumque materias apud Graecos dicere circa Demetrium Phalerea institutum fere constat. » (Quintil., Inst. or., II, 4> 4i-) Mais Quintilien semble parler là des controversiae, plutôt que des suasoriae. Si on s'en tient à son témoignage, il faut déclarer apocryphes les discours sur des sujets mythologiques attribués à Gorgias et à Antisthène, le Palamède, VAjax, V Ulysse..., etc., ce qui n'est pas d'ailleurs un obstacle. Sur cette question voyez Blass, Attische Beredsamkeit, II, p. 3ii.

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