QuintiL, Inst. or., X, 5, 5, 1 ; Léo, /. c, p
l56 LES MÉTAMORPHOSES DOVIDE
lutte encore avec lui-même, semblable h ringénieux Ulysse dont il qualifie ainsi Téloquence :
nie referre aliter saepe solebat idem * .
Ces variations se succèdent jusqu'à ce qu'il ait rencontré le trait, la sententia, qui résume sa pensée sous la forme la plus piquante; ou plutôt il est vraisemblable que le trait se présente tout d'abord à son esprit et qu'il trouve ensuite les préparations nécessaires. A la fin des Trachiniennes Sophocle nous fait assister aux tortures d'Hercule consumé par la tunique de Nessus; le héros gémit surtout de se sentir impuissant contre un mal aussi imprévu; fallait-il qu'après avoir subi glorieusement tant d'épreuves terribles il pérît victime de la jalousie d'une femme! Il maudit Déjanire qu'il croit coupable, et il la maudit devant le malheureux Hyllus, leur fils, dont il déchire le cœur à chaque parole. Ovide supprime Hyllus'; c'est diminuer beaucoup ce que la scène a de dramatique. Hercule implore Junon ; si, dans sa haine, elle pouvait en ce moment lui porter le coup suprême, ce serait un bienfait de marâtre, mais un bienfait.
Mors mihi mu nus erit : decet haec dare dona novercam ^.
H déplore de finir d'une manière indigne de lui ; il énumère ses exploits ; Fénumération était déjà dans Sophocle ; mais elle ne s'étendait qu'à huit des travaux d'Hercule ; il y en a le double chez Ovide ; la mémoire du héros est vraiment trop fidèle en un pareil moment. La cruelle épouse de Jupiter s'est plus tôt lassée de commander qu'Hercule d'accomplir ses volontés ;
defessa jubendo est Saeva Jovis conjunx : ego sum indefessus agendo *.
Le mal redouble; la fin approche. Cependant Eurysthée est plein de vie, et il y a des mortels qui croient à l'existence des dieux !
At valet Eurystheus, et sunt qui credere possint Esse deos ! •'
Aucun de ces traits, est-il besoin de le dire, n'est imité de