I. Diog. de Laërte, VI, i, 2 et g
3. Blass, Attische Beredsamkeit, 2« édit. (1892), II, p. 332-344.
3. Radermacher, dans le Rhein. Muséum, l. XLVII (1892), p. 569.
4. Voyez notamment Ad. Millier, De Antisthenis cynici vita et scripiis, Mar* bourg, 1860, p. 32.
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Antisthène, en prenant celui-ci comme le type des professeurs médiocres, auxquels le poète a su échapper.
Ajax est un soldat dépourvu d'éloquence, que la colère emporte^; son adversaire ira même jusqu'à l'appeler un soldat grossier et sans intelligence, rudis et sine pectore miles*. Aussi peut-on admettre que Técrivain qui le fait parler lui prête un langage sec, cassant, hautain, et, puisqu'il doit avoir le dessous, un langage maladroit. Cependant ces défauts mêmes ne doivent pas dépasser une certaine limite ; sinon Ajax deviendra un personnage de comédie, un véritable miles gloriosus ; et alors quel mérite y aura-t-il pour Ulysse à l'avoir vaincu ? Tel il nous apparaît chez le faux Antisthène. Certains auteurs racontaient qu'Agamemnon avait choisi comme juges du procès, non pas les chefs de l'armée grecque, mais des prisonniers troyens ; Fauteur a adopté cette version ; c'était son droit ; mais à plusieurs reprises nous voyons Ajax s'emporter contre ses juges ; en guise de péroraison il finit par les menacer'*. A cette sottise invraisemblable il joiat la trivialité; à l'entendre, si Ulysse convoite les armes d'Achille c'est évidemment qu'il veut les vendre ; on le connaît de reste ; « il se ferait pendre, s'il avait quelque chose à y gagner » ; c'est (( un voleur de temples, un coquin bon à fouetter* ». Sans doute, dans Y Iliade Achille injurie Agamemnon devant les chefs assemblés; mais cette crudité de langage, qui s'accorde avec la naïveté des mœurs primitives, fait un effet singulier au milieu d'un discours très apprêté, où tout le reste sent la sophistique d'une époque polie. Ovide a vu clairement les défauts qu'il lui fallait éviter. Son Ajax est violent et orgueilleux; mais même quand il outrage, il se souvient qu'il descend de Jupiter, et surtout il n'est pas aussi sot qu'Ulysse voudrait le faire croire ; il y a certaines convenances que le soldat le plus grossier sait observer quand son intérêt est en jeu. Ajax dédaigne les précautions oratoires ; mais il n'a garde de blesser ses juges. Sa forfanterie fait valoir par le contraste le discours de son adversaire, comme l'exigeait le sujet même ; mais il est pressant, nourri d'arguments et animé d'une passion qui n'en altère pas la dignité.
On ne peut pas dire que l'Ulysse du faux Antisthène soit plus