Ov., X, i
5. Phanoclès, fragm. 3 = 0v., X, 162 à 319 (voyez notamment 303 à 3o3), Hyacinthe.
Phanoclès, fragm. 4 (?)= Ov., X, i55 à 161, Ganymède. Pour Cyparisse (Ov. , X, 106 à i43), voyez Plaehn, p. 34 à 35.
I^O LES MÉTAMORPHOSES d'oVIDE
thon*. Mais peut-être n'a-t-on pas assez remarqué jusqu'ici avec quelle délicatesse Ovide glisse sur ce qu'il y avait de déplaisant dans de pareils sujets. Il faut savoir qu'il imite Phanoclès pour comprendre le véritable caractère des sentiments qui unissent l'un à l'autre Phaéthon et Cycnus ; les deux jeunes gens ont entre eux des liens de parenté, que resserre encore une afiectioi> mutuelle. Rien de plus décent que ces vers :
Qui libi, materne quamvis a sanguine junctus, Mente tamen,* Phaéthon, propior fuit ^.
Virgile est beaucoup plus explicite''. Ovide, lorsqu'on lui reprochait l'immoralité de certains de ses poèmes, invitait les censeurs trop moroses à les comparer avec les ouvrages les plus libres de l'époque alexandrine, les hilarotragédies, les contes milésiens, avec d'autres encore, tout à fait obscènes, déposés par les généraux vainqueurs dans les bibliothèques publiques de Rome, où chacun pouvait les lire*. Phanoclès, et par le mérite de la forme et par la finesse du goût, était certainement très au-dessus de cette littérature ; pourtant Ovide en l'imitant a cru devoir atténuer l'expression du sentiment équivoque qui avait inspiré les "Eptoxeç ^. Les Romains sur ce sujet ne poussaient pas l'indulgence aussi loin que les Grecs. Faisons comme Ovide et passons®.
Ce n'est pas qu'il soit beaucoup moins répugnant d'arrêter les yeux sur les amours incestueuses auxquelles nous arrivons ensuite. Les auteurs de Métamorphoses^ comme on l'a déjà vu', sont en grande partie responsables du développement qu'Ovide a donné en certains endroits aux amores inconcessi ] Nicandre avait raconté la passion de Byblis pour son frère Caunus^; Boéus avait dit comment iEgypius, par une erreur funeste, partagea la couche
I. Phanoclès, fragm. 6 = Ov., II, 867 à 38o; Ps. Lactantius Placidus, Narrationes fabularuniy II, 4a. Ov., II, 368.
3. Virg., En., X, 189: ferunt luctu Gycnum Phaethontis amati...
Dum canit, et moestum musa solatur amorem. En ce genre, il n'y a rien chez Ovide d'aussi enflammé que l'églogue II de Virgile.