‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecsChapitre 161 sur 251 · Voyez le chapitre m · texte numérisé non relu

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8. Anton. Liber., 3o. De même Parthénius, dont le fragm. xxxii (Meineke) ne vient pas de ses Métamorphoses.

LA POÉSIE ROMANESQUE, l'iDYLLE ET l'ÉLÉGIE lyi

de sa mère*. Mais ces auteurs eux-mêmes ne faisaient que transporter dans leurs œuvres les conceptions alors à la mode parmi les poètes erotiques. Notons qu'Ovide n'a pas accueilli sans choix tous les sujets de cette sorte que lui offraient ses modèles ; il nous épargne l'inceste d'iEgypius ; il est très bref sur ceux de Nyctîniène* et de Ménéphron ^. Si au contraire il développe très longuement l'aventure de Myrrha, il s'indigne, comme il convient, sur l'énormité du forfait; « Je vais chanter un crime odieux. Arrière, jeunes filles ! pères de famille, arrière ! Si mes accents ont des séductions pour vos cœurs, gardez-vous d'ajouter foi à cette partie de mon récit; ne croyez pas au forfait, ou, si vous y croyez, croyez aussi au châtiment*... » Et Ovide consacre encore une quinzaine de vers à ce salutaire préambule. Qu'il n'ait pas écrit pour les jeunes filles l'histoire de Myrrha, ni celle de Byblis^, on peut l'en croire®, encore qu'il semble avoir oublié ces passages et beaucoup d'autres, lorsque, dans son apologie adressée a Auguste, il oppose les Métamorphoses aux poèmes licencieux de sa jeunesse^. Mais il reste à savoir si de pareilles monstruosités, qui révoltent tous les sentiments humains, nous font frémir autant que le poète nous l'annonce ; ce qui est trop en dehors de la nature n'éveille en nous ni terreur ni pitié ; nous voyons trop clairement qu'il y a là un jeu d'esprit, surtout quand il se prolonge pendant plus de deux cents vers ; et alors les efiForts mêmes que s'impose l'auteur pour nous émouvoir tournent contre lui. Dans Sophocle l'inceste d'Œdipe et de Jocaste nous pénètre d'horreur ; mais ce crime est le résultat d'une erreur, à laquelle Œdipe a été conduit par une fatalité inéluctable ; entre le moment où elle est révélée aux deux époux et celui où ils se font justice de leurs propres mains il n'y a dans la pièce grecque aucun intervalle. Au contraire Myrrha et Byblîs se préparent à consommer le crime en pleine connaissance de cause, et Ovide le décrit, l'analyse, le développe et le commente avec une complaisance visible, non par

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