‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecsChapitre 165 sur 251 · Immerwahr, De Atalania, Berlin, i885, chap. i · texte numérisé non relu

Immerwahr, De Atalania, Berlin, i885, chap. i

9. Sur cette question voyez Plaehn, p. 19; C. Robert, dans Vffermes, XXII (1887), p. 445 à 454 ; Maass, ibid., XXV (1890), p. 523.

10. Epicorum graecorum fragmenta (Kinkel). Hésiode, fragm. 72, 73.

LA POÉSIE ROMANESQUE, l'iDYLLE ET l'ÉLÉGIE I77

sition ; la fable d'IIippomène est immédiatement précédée de plusieurs autres, qui ont un rapport avec Tîle de Chypre * ; peutêtre Ovide les a-t-il trouvées toutes réunies dans un ouvrage en prose, tel que les Iles de Philostéphanos, élève de Callimaque ^. On voit par là combien il est difficile d'arriver va une conclusion certaine, quand, au lieu de s'en tenir à des généralités, on cherche à déterminer avec précision la source de certains récits d'Ovide. Philétas est certainement parmi les élégiaques un de ceux qu'il a le plus admirés ; il nous le dit ^, on le sent, et on est incapable d'en faire la preuve là oii on se croit le plus près de saisir le rapport qui les unit. Du reste cette longue galerie de sujets erotiques que nous venons d'énumérer rappelle à chaque pas les maîtres alexandrins ; nous y retrouvons partout leur manière ; mais la critique est devenue exigeante ; elle veut des faits, des preuves solides ; quand on s'applique à les réunir, on s'aperçoit souvent qu'on avait pris une ombre pour la réalité et il faut, après beaucoup d'efforts, se contenter de résultats négatifs, qui ne font qu'irriter davantage notre curiosité, parce que nous les devinons provisoires et en un sens plus inexacts que la simple intuition.

Si nous pouvons très rarement affirmer qu'Ovide, dans une fable déterminée, a imité un élégiaque plutôt qu'un autre, au moins n'est-il pas téméraire d'indiquer les habitudes qu'il semble devoir à tous les poètes erotiques de l'alexandrinisme. Plusieurs fois nous voyons chez lui une héroïne, avant ou après une action qui décide du sort de son amour, exprimer elle-même ses sentiments dans un monologue étendu, où la passion, aux prises avec le devoir, la fatalité ou une volonté contraire, s'exhale en un langage tumultueux et enflammé. Médée se demande si elle aidera Jason dans son entreprise*; Scylla décide de livrer à Minos son père et sa patrie^, puis, repoussée par celui qu'elle aime, seule sur le rivage, elle se livre, tandis qu'il s'éloigne, aux transports d'une fureur impuissante®. Byblis se débat contre la passion incestueuse qu'elle ressent pour son frère \ Dans tous ces pas-

1. Ov., X, les Cérastes, 220 à 287 ; PygmalioD, 243 à 297 ; peut-être Vénus et Adonis, ôo3 à 789.

2. Ehwald, dans Iwan von Mûller, Jahresh., XXXI (1882), p. i65 ; LXXX (1894), p. 37.

3. Ov., Art d'airn.» III, 829; Rem., 760; Tristes, l\ 6, 3 ; Pont., III, i, 58.

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