Ov., Vm, 63oà
5. Il a fourni la fable des Bouviers lyciens aux Métamorphoses de Nicandre (Anton. Liber., 35) = Ov., VI, 3i3 à 38i. Il faut remarquer néanmoins que dans le conte de Philémon et Baucis la scène est en Phrygie, et non en Lycie.
l84 LES MÉTAMORPHOSES d' OVIDE
sa compagne une hospitalité qu'ils récompensent par de justes honneurs. Nous avons déjà vu comment Ovide avait extrait de Tépyllion de Callimaque, pour la traiter ailleurs, l'histoire de la corneille *. Il est fâcheux que les fragments retrouvés dans ces dernières années ne nous apprennent rien de nouveau sur le reste de la scène; ceux qui ont été recueillis et classés par Schneider^ sont souvent d'une interprétation douteuse et les essais de reconstitution, auxquels ils ont servi de matière, n'ont, en bien des cas, qu'une valeur purement conjecturale \ de sorte qu'il est assez hasardeux de chercher à préciser les rapports de la copie avec l'original. Nous voyons bien chez les deux poètes un dessein commun; on ne prête rien à Callimaque, qui ne soit conforme à ses habitudes, en imaginant qu'il a voulu, comme Ovide, opposer, dans une description remplie de détails familiers, la grandeur et la gloire d'un personnage surhumain à la pauvreté du toit qui l'accueille. Callimaque décrivait avec soin le frugal repas offert par Hécalé à son hôte; il la montrait empressée autour du héros, apportant à son office de bonne ménagère toute l'activité que lui permettait son grand âge ; autant de traits auxquels nous reconnaissons à coup sûr une ancêtre de Baucis. Mais Ovide a dû resserrer le tableau. Gaillard* observe que La Fontaine au contraire, imitant Ovide, le développe : il fait parler Philémon ; « cette harangue, dit Gaillard, est un peu d'un discoureur. » Ovide s'était contenté de ce vers :
Interea médias fallunt sermonibus horas*.
Il est curieux de constater que Callimaque avait eu la même idée que La Fontaine : par certains fragments de VHècalé nous voyons que la vieille femme racontait à Thésée sa vie passée, sans épargner les façonrf de parler proverbiales et populaires*. La Fontaine a donc recomposé d'instinct un passage supprimé par Ovide, quoique les discours de son Philémon soient fort différents
1. Voyez plus haut, p. 87. De V Hécalé Ovide aurait encore tiré Ino et Mélicerte (IV, 4i6 à 562), d'après Grusius, Jahrb. f. Philologie, 1887, P- 243. C'est beaucoup plus douteux. Plusieurs autres fragments nouveaux, se rapportant à diverses parties de V Hécalé, ont été. publiés par Reitzenstein, dans V Index lectionum de Rostoch, sem. hib. 1890-91, p. i3; sem. hib. 1891-92, p. 4.
2. Schneider, CalUmachea, II (1878), p. 171 à 2i4, notamment p. 179 à 188.
3. Voyez Couat, Poésie alex., p. 875 à 38i, qui résume les travaux antérieurs.