Schneider, Callimachea^ II, p. 119; Aetia, fragm
4. On pourrait encore étudier l'influence de la poésie rustique dans les paysages d'Ovide. Il y en a de fort beaux. Voyez XI, 229 et 352.
LA POÉSIE ROMANESQUE, l'iDYLLE ET l'ÉLÉGIE 187
Pour la commodité de Texposition nous mettons à part Télégie savante ; il ne faut pas oublier qu'elle pouvait être aussi, à Toccasion, romanesque et idyllique, comme on Ta déjà vu par des exemples tirés des Aetia de Callimaque ; en réalité ces distinctions, si on les applique aux ouvrages des Alexandrins, n'ont qu'une utilité didactique et ne reposent pas sur des diflFérences essentielles. Les poèmes, oii Callimaque chantait la passion de Scylla ou la piété de Molorchus, appartiennent bien aussi à Télégie savante ; pourtant il pouvait arriver qu'une légende, choisie par l'auteur pour expliquer l'origine d'une institution, d'une coutume religieuse, ou d'un nom géographique, l'obligeât a se renfermer dans un genre plus sévère. On éprouve quelque embarras lorsqu'il s'agit de déterminer ce qu'Ovide doit à cette forme de la poésie alexandrine, où les caractères les plus saillants de l'école sont nécessairement atténués. Ainsi Callimaque avait chanté avant lui dans les Aetia la mort d'Icare'; mais il y avait aussi une tragédie de Sophocle intitulée KajAi/.ol^, qui avait pu leur servir de modèle à tous deux : Dédale, las du séjour de la Crète, où il avait construit le Labyrinthe sur l'ordre de Minos, s'était enfui à travers les airs avec son fils ; après la mort d'Icare, il avait abordé en Sicile, s'était rendu à Caniicus et y avait trouvé un asile chez le roi Cocalus ; Minos l'y poursuivait ; mais au moment où il allait s'emparer de sa personne, le roi de Crète était mis à mort par les filles de leur hôte. Le sanglant événement, dont Camicus était le théâtre, formait donc, chez Sophocle, la partie principale de l'action, comme l'indique le titre de la tragédie ; mais a coup sûr elle contenait un ou plusieurs récits, où étaient exposés les premiers malheurs de Dédale ; on y apprenait comment l'ingénieux artisan, après avoir tué par jalousie son neveu Perdix', avait été obligé de fuir d'Athènes et comment il avait gagné la Crète ; h plus forte raison il ne pouvait passer sous silence la mort d'Icare. A qui Ovide a-t-il emprunté le mor-