‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecsChapitre 186 sur 251 · Liebau, p · texte numérisé non relu

Liebau, p

3. Ce paragraphe ne fait que résumer Zeller (Ed.), Philosophie der Griechen, IIP, p. 79 et Susemihl, Griech. Litteratur in der Alexandriner Zeit, II, p. 839. On trouvera dans ces ouvrages les références nécessaires.

igÔ LES MÉTAMORPHOSES D*OVroE

traités, qu'ils répandent sous les noms des vieux pythagoriciens, Archytas de Tarente et Ocellus de Lucanie. L'engouement pour tous ces ouvrages, authentiques ou apocryphes, était extrême ; Juba II, roi de Maurétanie, qui les recherchait avec passion, fut, dit-on, la dupe d'un grand nombre de faussaires ; ils avaient réussi par des procédés artificiels à donner à des manuscrits récents, remplis d'élucubrations anonymes, l'apparence d'une vénérable antiquité; Juba les acheta sans défiance. Il faut ajouter que ce néo-pythagorisme avait pénétré aussi les autres sectes, notamment le stoïcisme, et qu'elles mirent leur enseignement au service de quelques-unes de ses théories favorites ; le fameux Sextius, qui exerça une si grande influence sur la philosophie romaine au temps d'Auguste, recommandait avec chaleur l'abstinence des viandes ; ses élèves Papirius Fabianus et Sotion, à leur tour, endoctrinèrent si bien Sénèque, que pendant toute une année, nous dit-il, il renonça à la nourriture animale. II n'est guère douteux qu'Alexandrie fut le principal foyer du néopythagorisme ; son succès coïncide avec celui du judaïsme et des autres religions orientales ; quelques-uns de ses premiers docteurs sont originaires d'Alexandrie. Ovide pouvait trouver leurs écrits dans les bibliothèques ou chez les libraires de Rome ; leurs idées ont tout particulièrement piqué sa curiosité ; car il est remarquable que ce poète, qui a la tête si peu philosophique, y revient à plusieurs reprises dans les œuvres de son âge mûr ; il s'en inspire, non seulement dans les Métamorphoses, mais dans les Fastesj dans les Tristes et dans les Pontiques^, En général il n'aime pas à laisser perdre ce qu'il a une fois appris ; quand il parle de l'immortalité dej'âme, c'est le nom de Pythagore qui se présente aussitôt à son esprit. II y a donc eu une époque dans sa vie, où il s'est appliqué à la doctrine qu'on donnait comme venant de ce philosophe. Mais où l'a-t-il étudiée ? Quel est celui des pythagoriciens du i®"" siècle qui la lui a révélée ? Est-elle puisée directement dans un de leurs ouvrages, ou en dérive-t-elle par des intermédiaires^ ?

1. Ov., Fastes, III, 53; Tristes, III, 3, ôg; Pont., III, 3, 44-

2. Voyez Hottinger, ouvrage cité; Graf (Ernst), Ad aureae aetatis fabulant symhola, dans les Leipziger Studien, VIII (i885), p. 36 à 4i- La dissertation de Schmekel, déjà citée, a été rectifiée et complétée par lui dans plusieurs passages de son livre Die Philosophie der mittleren Stoa, Berlin, 1892 ; voyez p. 434» 4Ô1, etc.

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