XIX. — Lafayi:. — Ovide. l
dans la légende des Cercopes est un certain Xénagoras, qui avait publié un ouvrage sur les Iles ^. Timée de Tauroménium surtout a dû contribuer pour une forte part à ces récits fabuleux; il a souvent servi de source aux paradoxographes ; peut-être est-il le premier qui ait répandu Thistoire de la fondation de Crotone par Myscélus^. N'oublions pas enfin que Timagination des Grecs s'était depuis longtemps exercée sur les légendes du Latium ellesmêmes ; l'histoire des voyages d'Énée et de la conquête troyenne est entièrement leur œuvre et ils n'ont jamais cessé jusqu'au temps d'Ovide d'en préciser et d'en coordonner les différentes parties ; la liste des rois d'Albe, telle qu'il la donne, ne se retrouve avant lui que chez deux historiens grecs, contemporains de Cicéron, Alexandre Polyhistor et Castor de Rhodes^.
Assurément, lorsqu'Ovide ne s'accorde ni avec Virgile, ni avec Tite-Live, on a toujours la ressource de faire intervenir Varron etHygin; tel critique préférera Varron*, tel autre Hygin, parce qu'il fut « l'ami intime du poète ^ ». Ils ont, en effet, très bien pu dépouiller pour leurs vastes compilations et Xénagoras, et Timée, et Alexandre Polyhistor et Castor de Rhodes et beaucoup d'autres ; il est même infiniment probable qu'Ovide n'a connu le témoignage de ces historiens que par l'intermédiaire des deux savants Romains. Mais, d'un autre côté, il ne faut pas trop restreindre la part qui peut revenir dans le quatorzième et le quinzième chants aux poètes grecs, et notamment aux auteurs de MétamorphoseSy Nicandre et Parthénius. Le premier avait écrit un poème en dix livres sur la Sicile et on voit assez par les sommaires de Libéralis que les légendes de la Grande Grèce lui avaient fourni plusieurs sujets de développement dans ses Métamorphoses^. Quant à Parthénius, il passa une partie de sa vie à Rome, il fut l'ami de Cor-
1. Xénagoras, fragm. i3; G. Miiller, IV, p. 526; Seeliger, art. Kerkopes, dans Roscher, Lexikoriy p. 1170.
2. Timée dans Denys d'Halic, Ant. rom.y II, 69; Tûmpel, art. Myscelos, dans Rocher, ouvrage cité.