Hûlsen
5. Suét., Gramin., 20 : « Fuit familiarissimus Ovidio poetae». Mirsch, dans les Leipz. 67Mrf., V (1882), p. 58, ne croit pas que Varron ait servi de source à Ovide, même dans les Fastes ; c'est une opinion extrême, qu'il n'a pas prouvée et qui réunira peu de partisans.
6. Nicandrea, Schneider, fragm. 21, 73 et Mélam,^ fragm. 47 (= Anton. Liber., 37). Ajoutez Anton. Liber., 37, Martini, et aussi le morceau 8 (= fragai. 53, Schneider) sur la fondation de Sybaris, auquel rien ne correspond chez Ovide.
LES LÉGENDES ET l'hïSTOIRE DE l'iTALIE 227
nélius Gallus ; les légendes italiques forment à peu près la sixième partie de ses contes en prose*; il y a bien des chances pour que la proportion dans ses Métamorphoses fût au moins égale. Ce ne sont là que des présomptions ; mais elles sont bonnes à retenir, ne fût-ce qu'à titre d'indication, pour nous empêcher de faire trop large la part des modèles latins.
Il y avait bien des raisons qui devaient empêcher Ovide d'abandonner complètement ses Grecs dans les derniers chants du poème. La principale, c'était l'extrême pauvreté des légendes proprement latines; on peut même dire que dans le Latium les personnages surnaturels, à l'origine, n'étaient que des noms sans légende. Que tirer, pour la poésie, du culte de Virbius, si on ne ridentifiait avec Hippolyte ? Mais qu'Ovide écoute les Grecs, et voilà pour lui une belle occasion d'imiter une pièce d'Euripide, même en un sujet que Virgile avait effleuré^. L'autre écueil de la mythologie latine, c'était la monotonie ; il eût été facile d'y échouer ; en général, ses héros terminaient leur existence terrestre par une disparition soudaine et inexplicable : nusquam comparebant^ ; on ne les voyait plus nulle part; on en concluait qu'ils étaient passés au rang des êtres divins. Dans les deux derniers chants d'Ovide Enée, Romulus, sa femme Hersilie, César quittent successivement la terre; mais ils la quittent comme des héros grecs, pour monter vers l'Olympe, soutenus dans les bras d'un messager céleste*; c'est une affaire à laquelle s'intéresse toute la cour des dieux et, pour que rien ne manque à l'apothéose, ces élus prennent aussitôt aux yeux des mortels la forme d'un astre nouveau. Par ce moyen Ovide a réussi à jeter quelque éclat sur des dénouements trop prévus. Sénèque semble le railler doucement d'en avoir, malgré tout, un peu abusé ^; mais c'était un des inconvénients auxquels il s'exposait en entrant dans le domaine de l'antiquité latine et il est curieux, du reste, de constater que l'à»av'.j[A3; fut aussi une des suprêmes ressources auxquelles recoururent avant lui les auteurs de Métamorphoses^ lorsque l'esprit grec, plus pauvre d'invention, se résigna sans peine à dénouer par les procédés les plus expéditifs et les plus communs les aven-