Ibid., a
d'Iphigénie doit ouvrir aux Grecs la route de l'Asie *. On devine par là comment Nicandre avait pu remédier dans une certaine mesure au défaut du sujet ; il avait, suivant un procédé-chpr aux rhéteurs, appelé à son aide quelques idées morales, qui correspondaient aux principales divisions du développement et lui fournissaient tant bien que mal les transitions nécessaires ^
Schneider a signalé avec raison le rapport qui unit les Métamorphoses de Nicandre aux Causes de Callimaque. Mais on peut pousser beaucoup pliis loin le rapprochement qu'il a établi entre les deux poètes ; d'une manière générale l'art de Nicandre est exactement celui que nous révèlent les Hymnes de son prédécesseur. On s'accorde à reconnaître que dans ses extraits Libéralis a beaucoup retranché, mais qu'il n'a rien ajouté de son cru ; il en était trop incapable; aussi chacun de ses morceaux nous donnet-il une image assez (idèle de ce que devait être dans l'original le morceau correspondant. Parfois l'histoire d'un même personnage amène plusieurs métamorphoses successives. Apollon s'est épris de Dryope ; pour l'approcher sans éveiller le soupçon, il se change en tortue, puis en serpent; à la fin la nymphe est enlevée par les Hamadryades, qui la changent en aune ; deux jeunes filles, ayant assisté au prodige sont changées en sapins^. Dans cette combinaison nous voyons se dérouler sous nos yeux trois scènes juxtaposées. Ailleurs le récit d'une métamorphose en enveloppe une autre: Cérambus ayant insulté les nymphes est changé en capricorne. Voilà le thème principal. Mais en quoi consistait l'outrage ? C'est que Cérambus avait contesté aux nymphes que Jupiter fût leur père ; suivant lui elles étaient filles du Sperchius ; Neptune avait fait violence à l'une d'elles en présence de ses sœurs, et, pour les empêcher de lui porter secours, il les avait changées en aunes, jusqu'à ce qu'il eût consommé son attentat. De là un récit épisodique, probablement assez long, qui était mis dans la bouche de Cérambus lui-même^.
Ces artifices sans doute n'étaient particuliers ni à Callimaque, ni à son ouvrage des Causes, Cependant c'était bien à ce recueil