Antonin. Liber., i, 8, 13, i3, 35, 37, 3o
LES RfiGUEILS DE MÉTAMORPHOSES AVANT OVIDE 3l
dominante de Nicandre semble avoir été de grouper des récits, qui pouvaient passer pour une explication de certaines coutumes rares : il s'était proposé le même but que les auteurs qui ont écrit des traités en prose ou en vers sur les Origines ou les Antiquités des villes fameuses; les métamorphoses n'étaient à ses yeux que l'accessoire. Mais si le recueil manquait d'unité, si même il y en avait trop peu dans chacun des cinq livres qu'il renfermait, il ne s'ensuit pas que Nicandre fût insensible a l'art de la composition et qu'il eût dédaigné de répandre quelque agrément dans sa matière. Libéralis ne nous donne qu'une faible partie des légendes chantées par Nicandre; cependant plusieurs de celles qu'il rapporte comme provenant d'un même livre ont entre elles une parenté visible; si elles se trouvent rapprochées, ce ne peut être uniquement le fait du hasard. Pourvu que nous respections la division des livres, nous sommes libres d'imaginer un classement, qui, dans chacun d'eux, mettrait entre ses parties un certain enchaînement. Userait chimérique de chercher à reconstituer entièrement l'ordre suivi par l'auteur, puisque nous ne possédons que des fragments pris de divers côtés ; mais sur quelques points on se rend assez bien compte de l'idée qui avait présidé au groupement des traditions. Ainsi dans une partie du premier livre il est question de plusieurs personnages qui, étant dépositaires des secrets des dieux, ont été punis pour les avoir violés : Cérambus prétend savoir que les nymphes ne sont pas filles de Jupiter, et que l'une d'elles a eu un commerce illégitime avec Neptune ^ Battus a découvert que Mercure mène paître des bœufs qu'il a volés ; il se fait payer pour garder le silence ; peu de temps après il manque k sa parole et dénonce le larcin*. Deux jeunes filles, qui ont vu Dryope enlevée par les Hamadryades, communiquent la nouvelle aux habitants de l'Œta^. Cérambus, Battus et les jeunes filles perdent aussitôt leur forme première. De même il semble que dans un passage du quatrième livre Nicandre ait voulu réunir quelques légendes relatives à des héros qui avaient joué le rôle de victimes expiatoires : Alcyonée a été désignée par le sort pour servir de pâture à un monstre*; les filles d'Orion se sont volontairement donné la mort pour faire cesser une peste ^; le sacrifice