‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecsChapitre 33 sur 251 · Anthol. Pal., VI · texte numérisé non relu

Anthol. Pal., VI

6. Probus, Le. et Schneider sur le fragm. 64 de Nicandre. Volkmann, de Ni-

aussi naïve ; mais le père ne Tétait-il pas davantage de croire qu'une jeune fille, pour chercher un mari, a besoin qu'on Vy fasse songer? Il est possible que Théodore ait dépeint aussi Tamour incestueux de Smyrna pour son père : si le témoignage qui nous en instruit n'est pas apocryphe*, il semble que ce poète avait été guidé dans le choix des légendes par un goût singulièrement malheureux.

Vers le temps d'Auguste et de Tibère, il parait encore un livre de Métamorphoses en langue grecque, publié par Antigone de Caryste le Jeune '. Nous ne savons rien sur sa personne ; ce que nous savons de ses œuvres se réduit h fort peu de chose. L'Anthologie nous a conservé sous son nom une épigramme^, qui n'est ni meilleure ni pire que la plupart de ses voisines ; c'est un badinage d'un bel esprit en belle humeur ; il s'agit d'une grenouille sculptée au fond d'une coupe. Comme si elle avait, elle aussi, subi une métamorphose, elle dit aux buveurs : « Prisonnière dans cette coupe d'argent, j'ai mis fin à mes longs coassements ; me voilà enfermée dans un vase où l'on m'arrose de vin. Je suis entourée de nymphes qui m'aiment et de Lyaeos, qui ne m'est point ennemi, et leur double breuvage m'inonde. Que n'ai-je plus tôt pris part aux orgies de Dionysos ! Malheureux les buveurs d'eau ! Ce sont des fous de sang-froid. » Cet ingénieux poète avait composé un morceau du genre épique intitulé Antipatros, où il célébrait sans doute un personnage de ce nom ^. Il est bien vraisemblable que ses Métamorphoses étaient aussi en vers. L'annotateur de Libéralis les cite sans indiquer le numéro du livre, probablement parce qu'elles n'en avaient qu'un seul, ce qui donne à supposer que l'ouvrage était moins étendu que celui de Nicandre. Antigone, après Hésiode et après Nicandre lui-même, y racontait l'aventure de Battus, changé en rocher par Mercure, pour n'avoir pas su taire un larcin du dieu, qu'il avait deviné^. On lisait aussi dans ce recueil une légende sur les comètes, qui avait dû être empruntée

candri vita et scriptis, p. 34 et Plaehn, p. 3a, entendent autrement le texte de Probus ; je crois qu'ils ont tort.

I. Pseudo-Plut., Parallèles^ 33; Knaack, Analecta alexandrino-romana, p. 54» note 75. Cf. Antonin. Liber., 34 et Oder, p. 53.

3. 'AXXoiciSdci;. L'étude la plus complète sur ce personnage est celle de Wilamowitz-Môllendorf, Philologische Untersuchungenf t. IV (1881), p. 169-174.

Page 1