‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecsChapitre 36 sur 251 · Bo'.w. Glém. Alex., Strom.y I, p. 3a3 ; Pausan., X · texte numérisé non relu

Bo'.w. Glém. Alex., Strom.y I, p. 3a3 ; Pausan., X

5. Elle est déjà citée sous le nom de Boeo par Philochore dans Athénée, IX, p. 393e.

6. Pline, ffist. nat., X, 7 eï Index de ce livre ; Antonin. Libér., 5, 7, i5, etc. Cependant Athénée mentionne encore les deux formes.

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et un sommaires qu'elle contient, il y en a douze qui résument des morceaux correspondants de VOrnithogonie *. Ce poème devait avoir deux livres. Comme les Métamorphoses de Nicandre, il présentait des rapports étroits avec les Causes de Callimaque ; quoiqu'il datât des premiers temps de Talexandrinisme, il était profondément imprégné de l'esprit de la littérature nouvelle et même, comme il arrive fréquemment aux auteurs de second rang, surtout lorsqu'ils se cachent sous un nom d'emprunt, ce soi-disant Boéus semble avoir poussé à l'extrême les défauts de l'école. Ses inventions dans le genre romanesque égalent ce que nous avons vu jusqu'ici de plus 'extravagant et de plus immoral ; il est digne d'une mention particulière parmi les poètes qui avaient chanté des amours monstrueuses. D'autres ont dit comment Myrrha, ou Smyrna, s'éprit d'une passion criminelle pour son père et comment à la faveur des ténèbres elle parvint à la satisfaire sans être reconnue. L'imagination malsaine de Boéus s'est exercée sur un thème analogue, mais il change les rôles : chez lui c'est un fils, Aegypius, qui consomme l'inceste avec sa mère^. Ailleurs il donne un pendant à l'histoire de Pasiphaé ; mais on a assez parlé du fameux taureau ; voici une nouvelle victime de Vénus, Polyphonte, qui, dans un moment de délire, s'unit à un ours ^ A quelle source Boéus avait-il puisé ces légendes ? On l'ignore ; il est bien probable qu'il faut lui laisser à lui-même l'honneur de les avoir développées ; ce sont là des exemples de ces sujets extraordinaires et inédits, dont les Alexandrins étaient friands. Pourtant, considérée dans son ensemble, VOrnithogonie n'était pas uniquement un ouvrage erotique ; l'amour, comme chez Callimaque, s'y mêlait à tout ; comme dans les Causes^ c'était un accessoire indispensable, mais ce n'était qu'un accessoire. Le poète s'était proposé avant tout de chercher dans les métamorphoses l'origine d'une série de coutumes religieuses; par là son entreprise rappelle celle de Nicandre ; mais son sujet était circonscrit dans des limites plus étroites. Parmi les oiseaux, qui, sous la forme humaine, avaient autrefois joué un rôle dans le monde héroïque, les uns fournissaient des augures favorables, les autres des augures sinistres. D'où venait cette différence, et comment s'expliquait-elle par les aven-

1. Anton. Liber., 5, 7, i5, 16, 18, 19, ao, ai. Gomme l'a montré Oder, p. 5o, il faut y joindre 6 et i4.

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