Jbid., IX
3. L'aigrette qui se dresse sur la tête de Toiseau nommé xîipi;, ciris, rappelle la boucle de cheveux de pourpre coupée (xcioeiv) par Scylla sur la tête de Nisus, son père, et à laquelle était attaché le salut de Mégare.
ce corps de marbre ; sur ses bras souples s'étendirent des rangs serrés de plumes. Les parties inférieures, les jambes amincies, colorées d'un vermillon éclatant, se couvrirent d'une peau rugueuse et des ongles aigus hérissèrent ses pieds délicats*. » Comme on le voit, la métamorphose est une évolution de l'être, qui, à force d'art, doit finir par paraître aussi vraisemblable que le développement du poussin dans l'œuf. Nulle part, même chez Ovide, nous ne pourrions trouver un exemple plus frappant des procédés alexandrins ; le poète les a si bien épuisés, qu'Ovide, reprenant le sujet, n'a pas voulu dans cette partie se mesurer avec lui ^. C'est qu'en effet, suivant toute vraisemblance, l'auteur de Y Aigrette n'a pas fait autre chose que d'imiter ou de développer un morceau des Métamorphoses de Parthénius '. Peut-être, comme Tibère, avait^il jadis suivi les leçons du professeur grec. Arrivé à la maturité et fatigué de la politique, il cherchait un délassement dans ces mêmes jeux d'esprit, qui ont tant contribué à faire peser sur Ovide le reproche de frivolité. Cet anonyme était un personnage grave, plein de goût pour la philosophie ; son poème est dédié à un très docte jeune homme, Messalinus, fils d'un consul, fils d'un grand orateur, et qui devait être lui-même orateur et consul*.
Ovide a pu rencontrer chez les Messala'"^ l'auteur de V Aigrette et s'entretenir avec lui de Parthénius. Mais parmi les poètes latins, qui se sont essayés dans le genre des Métamorphoses, il y en a un avec lequel nous savons positivement qu'il eut des relations d'amitié: c'est /Emilius Macer de Vérone®. Une assez grande différence d'âge les séparait ; lorsque Macer mourut, en l'an i6 av. J.-C, Ovide n'avait que vingt-sept ans et n'avait encore écrit qu'une partie des Amours. Le poète Véronais appartenait à la génération de Virgile, avec qui il fut lié aussi ; c'est lui, paraîtil, qui figure dans la cinquième églogue sous le nom de Mopsus.