Quintil., ibid., IV, i
OVIDE ET LES HECUEILS DE AÊÉTAMOBPUOSES 5l
M. Knaack^ a cru pouvoir établir qu'Ovide avait mis à profit dans une partie des Métamorphoses l'ouvrage de Boéus, qu'il devait connaître au moins par YOrnithogonie de Macer. Au livre III Ovide rappelle l'aventure de la reine des Pygmées ; fière de sa beauté elle avait osé se comparer à Junon ; la déesse irritée la changea en grue ; depuis ce temps elle volait autour de sa demeure pour y revoir un fils tendrement chéri qu'elle y avait laissé ; mais ses anciens sujets, excités contre elle par Junon, ne cessaient de lui donner lâchasse^. La plus ancienne version de cette fable, que nous ayons conservée, vient de Boéus^; elle concorde absolument avec celle d'Ovide, et même le sommaire de Libéralis éclaire le texte du poème latin*, et il le complète en y ajoutant les noms des personnages ; la reine des Pygmées s'appelle Œnoé^, et son fils Mopsus. D'où Ovide aurait-il tiré cette légende, si ce n'est de Boéus? Ailleurs il mentionne l'histoire d'Eumélus de Thèbes, qui avait tué son fils, coupable d'avoir manqué aux prescriptions du rituel dans un sacrifice ; c'est une légende rare ; Boéus est avec Ovide le seul chez qui on la rencontre®. Il en faut dire autant de celle de Périphas, changé en aigle par Jupiter pour avoir voulu s'élever au-dessus de la condition humaine^; enfin il faut rapporter ^ la même source les vers où Ovide dit comment Munichus et sa famille furent changés en divers oiseaux, après un siège qu'ils avaient soutenu contre des brigands^.
Ces rapprochements sont ingénieux ; M. Knaack a choisi habilement ses exemples. Mais ils ne peuvent en aucune façon nous donner la certitude absolue que Boéus a été dans tous ces passages le modèle d'Ovide ; car il faudrait accorder d'abord qu'entre le commencement du m® siècle et les premières années de notre ère les légendes rares, provenant du recueil de Boéus, n'avaient été chantées par aucun autre auteur ; et qui oserait le prétendre ?