Antonin. Liber
vier ; mais chez luî cet oiseau cache un héros du nom de Déda- Iion% et il n'y a pas le moindre rapport entre les légendes des deux personnages. Enfin la huitième, celle de l'origine du rossignol, est présentée dans les deux auteurs d'après des versions complètement différentes^; chez Boéus, le rôle de Procné est rempli par Aédon, celui de Pandion par Pandareus, ceux de Philomèle et de Térée par Chélidonis et Polytechnus; il faut ajouter que si les deux récits concordent dans la catastrophe finale, ils s'écartent très souvent l'un de l'autre dans les parties où l'intrigue se prépare et se noue. Ainsi là où Ovide développe longuement sa matière, ce n'est pas Boéus qui la lui fournit, et nous le voyons clairement ; là où il précipite sa marche il peut avoir consulté Boéus, et encore le contraire est fort possible. Donc d'un côté des divergences certaines dans les parties étendues, de l'autre des rapports hypothétiques dans les parties resserrées; tel est le résultat de l'enquête. Concluons qu'Ovide n'a pas dû faire à Boéus beaucoup d'emprunts partiels ; ceux qu'on peut considérer comme vraisemblables se bornent à quelques fables rares, mentionnées en passant avec une discrétion très voisine de l'indifférence.
La même observation s'applique à Théodore. D'après Valérius Probus, Ovide a pris dans cet auteur une version de la fable. relative à l'origine des alcyons^. On a déjà vu combien elle était peu digne de cet honneur . Mais il n'a eu garde d'y insister ; il a trop bien senti que, malgré tout son talent, il lui serait difficile, en la développant, de ne pas tomber dans le ridicule : il l'a indiquée en un vers ^, et sa concision ici est telle qu'il ne dit même pas le nécessaire. Si ce vers unique est intelligible, nous le devons au commentaire de Valérius Probus, qui a été chercher dans Théodore lui-même ce qu'Ovide en avait volontairement retranché ®. L'érudition mythologique est une des parties essentielles de l'art du poète : ainsi le veut, depuis Callimaque, l'enseignement des écoles où se forment ses émules. Ovide tient à montrer qu'il a tout lu ; mais il est trop avisé pour témoigner une égale confiance à tous ses devanciers et pour les suivre partout où ils le conduisent.
Il semble avoir fait plus de cas de Nicandreque des précédents.