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une place beaucoup plus importante que dans les poèmes d'Homère ; les mythographes, qui longtemps après ont eu l'occasion de toucher à cette catégorie de fables, citent parmi leurs sources les divers ouvrages répandus chez les anciens sous le nom d'Hésiode *. Dans les Œus^res et les Jours, le tableau des âges du monde et le récit de la naissance de Pandore montrent assez le goût du poète pour ces inventions merveilleuses*. Comme de juste, elles revenaient plus fréquemment encore dans les poèmes généalogiques et religieux qu'il a inspirés ; elles faisaient nécessairement partie des traditions que leurs auteurs s'efforçaient de coordonner ; elles étaient mêlées à l'histoire des origines de tous ces êtres surnaturels, dont l'imagination des Grecs avait peuplé le monde. Ainsi, en dressant dans la Théogonie la généalogie des dieux, le poète raconte comment Vénus est sortie des eaux, comment Pégase et Chrysaor sont nés du sang de Méduse'. Mais c'était dans les Catalogues et dans les Grandes Éées que les curieux de métamorphoses devaient trouver la plus riche matière. La généalogie des héros, qui en était proprement le sujet, fournissait des fables de ce genre en plus grand nombre que la généalogie des dieux ; on comptait parmi les héros une multitude de familles, qui avaient entre elles ou avec .les dieux des rapports où les métamorphoses jouaient un grand rôle ; la fantaisie populaire avait pris avec ces personnages plus de libertés qu'avec les immortels, universellement adorés de toute la Grèce et dont la légende dut être de bonne heure fixée dans ses principaux éléments. Notons aussi ce trait essentiel : les femmes dans les Catalogues figuraient au premier plan, si bien qu'on appelait quelquefois ce poème le Catalogue des femmes ; un auteur le définit « une épopée en l'honneur des feuimes* ». A propos de chaque héros l'auteur avait soin d'indiquer Je nom de sa mère. Les Grandes EéeSy qui formaient le quatrième livre des Catalogues^ contenaient l'énumération de toutes les mortelles qui avaient été aimées par des dieux. Ces deux ouvrages sont d'ordinaire attribués au commencement du VII® siècle ; tout porte à supposer qu'ils ont dû être par excellence, à l'époque alexandrine, la source des auteurs de
I. Apollod., BibL, m, 6, 7, p. 210; Hygin, Fable i54 ; Anton. Liber., 28; Phlégon, Merveilles t IV, p. 74.
a. Œuvres et jours, 70 et 108-201. V. aussi ibid,\ les Hommes nés des chênes, i45 ; l'Hirondelle fille de Pandion, 568.