‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecsChapitre 8 sur 251 · Théog., i · texte numérisé non relu

Théog., i

4* Pausan., I, 3, i et 43, i ; IX, 3i, 5.

6 LES MÉTAMORPHOSES D*OVlDE

métamorphoses. Dans les fragments mêmes on relève une dizaine de fables qui pouvaient les tenter*; toutes, sans exception, se retrouvent chez Ovide, et dans le nombre il y en a de rares, que nous aurions pu croire de beaucoup postérieures à l'époque hésiodique, si le témoignage formel des anciens ne nous obligeait à les faire remonter jusque-là.

Ces aventures, dans les poèmes hésiodiques, avaient aussi avec le sujet principal un rapport plus étroit que dans Homère. Leurs auteurs ont voulu non seulement charmer, mais instruire; il était naturel que dans ces ouvrages didactiques, destinés à fixer les traditions religieuses des Grecs, le souvenir des métamorphoses fût intimement lié à la série des mythes : c'étaient de grands événements dans rhistoire du monde héroïque. Aussi ne sont-ils plus incidemment présentés, mais amenés et expliqués, comme une partie essentielle du sujet, et à leur tour ils servent à expliquer ce qui les suit. Pour la première fois on vit les métamorphoses se dérouler régulièrement dans un ensemble de chants, ordonnés à la façon d'une histoire et embrassant pour l'instruction des Grecs tout leur passé fabuleux.

Mais d'autre part elles n'en étaient pas le motif principal, le terme prévu auquel devait nécessairement aboutir chaque partie de l'exposition. Que le poète chante la naissance de Vénus^ ou qu'il peigne les divers âges du monde', il ne perd pas de vue qu'il a un autre but que de nous émerveiller; il faut avant tout qu'il mette dans la succession des fables un enchaînement conforme à l'idée qu'il se fait des origines du monde. Aussi racontet-il la métamorphose elle-même avec une simplicité toute semblable à celle d'Homère :iln'en analyse pas avec curiosité les péripéties. L'auteur des Catalogues veut-il rapporter comment l'île d'Egine, royaume d'Éaque, fut peuplée par des fourmis changées en hommes, il se contentera de dire : « De ses amours avec Zeus la nymphe Egine enfanta Eaque, héros habile à combattre sur un char ; lorsqu'il eut atteint l'âge riant de la jeunesse, il s'affligea d'être seul ; le père des hommes et des dieux fit de toutes les fourmis, dans l'île charmante, des hommes et des femmes à la ceinture profonde ; ceux-ci construisirent les premiers

1. Epicor. graecor. fragm.t éd. Kinkel ; Hesiodus, Catalogi et Oeearum fragm. 21, 3i, 44, 45, 46, 53,96, 120, 167, 209 [254].

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