‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecsChapitre 77 sur 251 · Livres XIII, XIV · texte numérisé non relu

Livres XIII, XIV

ti. Livres XIV, XV.

n. Livres II-X.

LA COMPOSITION 8l

riques, ou plus simplement par les manuels de mythologie qui lui étaient familiers depuis Tenfance. Donejusqu'ici point d'obstacle. Mais dans chaque cycle il avait à faire un choix, à enchaîner ses extraits, et, difficulté plus grave encore, il avait à raccorder les cycles entre eux. Il lui fallait, en passant d'un épisode à l'autre, suivre Tordre des temps et lier les idées.

On a relevé dans les Métamorphoses ce qu'on appelle des anachronismes ; entendons par là des fautes qui troublent la suite hypothétique établie par Ovide lui-même entre les fables. Ainsi au livre II Atlas, suffoqué par l'incendie que Phaéthon vient d'allumer, ne peut plus supporter qu'avec peine la voûte céleste ; or ce fardeau n'est placé sur ses épaules pour la première fois qu'au livre IV*. Voilà un de ces légers oublis dont Ovide pouvait dire :

emcndaturus, si licuisset, eram 2.

La cause en est en partie dans la diversité des modèles qu'il a utilisés ; celui du livre II était probablement renfré dans sa bibliothèque quand il a eu sous les yeux celui du livre IV, et il n'a pas songé à les mettre d'accord. Mais au lieu de critiquer ces contradictions, on devrait plutôt s'étonner qu'elles soient si rares ; quand on considère la quantité des personnages qu'il fait agir et parler, il semble véritablement prodigieux qu'il ne se soit pas égaré plus souvent dans les généalogies et dans la succession imaginaire des événements du monde héroïque ; il n'a pas toujours exercé sur lui-même une surveillance très attentive ; mais aussi il avait acquis à l'école des Alexandrins cette maîtrise dans la connaissance des mythes, qui permettait de les combiner rapidement, sans se donner même l'apparence de l'effort. Juvénal dit du grammairien : « Il faut qu'il lise les histoires^ qu'il connaisse tous les auteurs comme ses ongles et ses doigts ; il faut qu'il réponde sur-le-champ, si, tandis qu'il se rend aux Thermes ou aux Bains de Phébus, on vientà lui demander : quelle était la nourrice d'Anchise? Le nom, la patrie de la belle-mère

I. Ov., II, 396 et IV, 656; voyez Glerig (dans la collection Lemaire, I, p. 3i), Liebau, p. g; Ebert, Der Anaclironisnius in Ovids Metamorphoseri (1888), p. 1/4, cite encore comme exemple II, 171 et 607; mais il n'y a pas d'anachronisme dans II, 261 et V, 385, comme il le veut avec Siebelis et Polie; car dans le second passage nous voyons Calliope chanter des événements d'un passé qui peut être très lointain. Ebert s'occupe surtout de l'anachronisme dans la peinture des mœurs.

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