‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecsChapitre 99 sur 251 · Callimaque, Hymnes^ III, 187-224. Cf. Ov., III · texte numérisé non relu

Callimaque, Hymnes^ III, 187-224. Cf. Ov., III

10. Voyez aussi Hésiode, Bouclier d'Hercule, 177-188 (Lapithes et Centaures). « Magna pars Hesiodi in nominibus est occupata. » Quintil., l/ist. or., X, i, 53. Cf. Eschyle, Perses, i5-58; 3o3-33o ;»76.5-778.

II. Maur. Croiset, Histoire de la liit. gr., I, p. 307. L'interpolation des noms des Néréides dans Homère, Iliade XVIII. 39-49» postérieure à Hésiode, est antérieure à l'époque alexandrine.

LES inÉEî^ ET LES PERSONNAGES lo5

donne alors au récit une naïveté pleine de saveur ; à ses yeux l'énumération c'est le sujet même. Il en va tout autrement chez Ovide et on s'aperçoit vite qu'il relève d'une autre école. Quand il nomme par leurs noms trente-six des chiens d'Actéon, il jette dans le développement un hors-d*œuvre, qui lui a peu coûté ; ou bien il a eu sur sa table un manuel, où tous ces noms se trouvaient réunis *, ou bien il a transporté dans la mythologie des noms que les Grecs donnaient réellement à leurs chiens et qui n'étaient en réalité que des épithètes très communes^. Dans les deux cas il n'y a plus ni effort d'esprit, ni utilité. Aucune bonne raison n'oblige le poète à mettre dans sa liste trente-six noms au lieu de trentecinq ou de trente-sept ; il pourrait à son gré l'étendre ou la raccourcir ; quand il s'arrête, c'est uniquement parce qu'il craint d'ennuyer, et il le dit'. Il est très vraisemblable cependant que les Alexandrins ont pris aux poètes primitifs ce goût pour les accumulations de noms mythologiques ou autres ; ce n'est pas seulement chez les Grecs que l'on voit ainsi les deux extrémités d'une littérature se rejoindre ; mais ce qui était chez les uns toute simplicité et toute grâce devient artifice chez les autres. Si nous n'avions rien gardé des Alexandrins, il nous suffirait de comparer Ovide aux poètes épiques du vieux temps pour retrouver les principes de l'art plus récent qu'il imite. Grâce b ce qui nous est parvenu, nous pouvons bien souvent descendre des Alexandrins à Ovide ; mais souvent aussi nous pouvons remonter d'Ovide aux Alexandrins et reconstituer par la pensée ce qui nous manque ; c'est une induction qui est légitime tant qu'elle reste prudente. Ce que nous soupçonnons surtout, sans être toujours en état de le démontrer, c'est qu'Ovide, quand il a conçu son sujet et ses personnages, a dû s'inspirer très souvent des Aetia de Callimaque et que de là vient en particulier ce mélange d'érudition et de galanterie qui est si apparent dans son œuvre. Pour se l'expliquer il suffirait de se rappeler que les Métamorphoses de Boéus et de Nicandre présentaient déjà de nombreux rapports avec les Aetia^ ;

I. Hygin, Fable i8i, suit Ovide, mais ce n'est pas à dire qu'il n'y eut rien de semblable avant Ovide.

a. Mélampus, Ichnobates, Pamphagus, etc..

3. Voyez dans le même genre les énumérations tirées de l'histoire naturelle (Ov., X, 86-105) el de la g<^ographie (Ov., II, 217-361 ; VII, aao-233, 35o-4o3, 46i- 474*. XV, 697-764). Coccliia, La geografia nelle Metamorfosi d'Ovidio; Atti delt Accademia di archeologia, lettere e belle arti^ Naplcs, 1896.

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