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3. Roscher et Sauer, art. Kentauren, dans Roscher, Lexikon der Gr. a. R. Mythologie, p. io35-io4o.
autre? A-t-il reproduit une œuvre d'art aujourd'hui perdue ? Ou bien encore a-t-il associé des images empruntées à la fois aux artistes et aux poètes ? Nous n'en savons rien. Un seul point est hors de doute : c'est que la scène tout entière, quel qu'en ait été le modèle, est composée à la manière d'un bas-relief. Qu'il doive quelque chose à Eschyle \ c'est possible; mais ses Centaures ne sont plus, comme dans l'art primitif, des monstres aux oreilles pointues, aux cheveux hérissés, aux faces de satyres ; ce sont des types de beauté idéale, chez qui s'unissent en un tout harmonieux les perfections de deux êtres dissemblables: ainsi les ont imaginés Phidias et Zeuxis^. Ovide n'est donc pas remonté plus haut que le v" siècle pour trouver le modèle de ses personnages, et ce qui nous porte à croire qu'il est descendu plus bas, c'est qu'il les groupe et les décrit selon les principes de la poésie alexandrine, de manière à nous donner avant tout l'illusion d'une vue directe des objets sensibles.
Il y a peu d'ouvrages de l'antiquité qui aient rendu autant de services aux archéologues modernes que les Métamorphoses. Inversement les monuments figurés, que nous ont laissés les anciens, nous sont d'un précieux secours pour bien sentir le véritable mérite de ce poème^; en voyant décrits trait pour trait, chez Ovide, les personnages, les situations et jusqu'aux, attitudes que les artistes ont représentés, nous comprenons mieux quelle a été son ambition et nous sommes mieux en mesure de lui rendre justice. Parmi les monuments que l'on peut avec utilité rapprocher de ses vers, les fresques de Pompéi occupent le premier rang, parce que la mythologie y ,est interprétée exactement dans le même esprit*. Laissons-nous aller au plaisir d'admirer les scènes si variées où le poète a mis tout son talent à la fois ingénieux et facile ; prenons chaque livre des Métamorphoses comme une habitation élégante, où il nous conduirait de salle en salle devant des tableaux exécutés de sa main et nous serons émerveillés de l'habileté avec laquelle il a composé la décoration de chaque partie de l'édifice. Il est du nombre de ces auteurs contre lesquels il ne faut pas se raidir ; nous le devons d'autant moins