‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecs [microform]Chapitre 117 sur 256 · Ov., V · texte numérisé non relu

Ov., V

saliens, leurs hôtes. Quand bien même nous n'aurions conservé aucun des monuments où cette fable était représentée, nous pourrions aisément nous figurer, rien qu'en lisant Ovide, quel parti les artistes en avaient tiré. Elle oflPre un contraste plein de charme entre les formes viriles des guerriers, les corps de chevaux, les draperies des femmes qu'on enlève et les accessoires dont les combattants ont armé leurs mains ; la variété des mouvements s'ajoute à la variété des personnages ; ils s'agitent dans des attitudes violentes et parfois un peu étranges, mais toujours savamment réglées ^ il est facile de voir que le poète les fait défiler sous nos yeux en les opposant les uns aux autres par petits groupes. On dirait une série de métopes sculptées sur la frise d'un temple. Ici le Centaure Amycus assomme Céladon avec un candélabre ; là son compagnon Grynée jette un autel au milieu des Lapithes ; plus loin Pétréus est cloué à un chêne qu'il essayait de déraciner pour en écraser ses ennemis; ailleurs Thésée a sauté sur la croupe de Bianor et brandit une massue audessus de sa tête \ On pourrait, le crayon à la main, recomposer chaque scène, et l'on s'apercevrait, en arrivant à la dernière, que dans cette longue série, qu'on serait tenté de croire uniforme à distance, il n'y en a pas deux en réalité qui se ressemblent. Les monuments figurés sont si bien présents à la pensée du poète, et il fait si bien effort pour lutter avec eux, qu'à un moment il y renvoie le lecteur comme s'il désespérait de les égaler ; il voudrait donner une idée de la beauté parfaite du Centaure Cyllare ; il essaie d'abord de tracer son portrait ; mais à la fin il sent que la plume, en certains cas, ne vaut pas le ciseau et il continue ainsi : « Son cou, ses épaules, ses mains, sa poitrine rappelaient les chefs-d'œuvre des statuaires ;

cervix umcrique manvisque Pectoraque artificum laudatis proxima signis ^. »

Tournons-nous donc vers les monuments. Considérons les métopes du Parthénon, la frise du Théséion d'Athènes, celles de Phigalieet de Sunium, où est représenté le même épisode^. Ovide a-t-il prétendu imiter un de ces modèles à l'exclusion de tout

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