‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecs [microform]Chapitre 123 sur 256 · Virg., En., m, 641-648 et · texte numérisé non relu

Virg., En., m, 641-648 et

supposer connues un grand nombre de circonstances accessoires.

L'épisode d'Ulysse chez Polyphème nous permet de juger comment Ovide traduit. Nous ne le voyons pas moins clairement dans le morceau où il raconte les aventures d'Ulysse depuis son arrivée chez Eole jusqu'au moment où ses compagnons métamorphosés par Circé sont rendus à leur forme première*. Ici Virgile avait laissé la matière à peu près intacte^; Ovide était plus à l'aise, d'autant que l'épisode se rattachait parfaitement à son sujet. Il a eu cependant le bon goût de ne pas abuser de ce double avantage. Si nous le comparons vers par vers à son modèle, nous constatons qu'il a quelque peu étendu, comme c'était son droit, les passages où il était question de maléfices et de métamorphoses^. Mais dans l'ensemble il résume à grands traits le récit homérique ; là où il le serre de plus près, sa copie est aussi fidèle qu'on peut l'attendre d'un poète traduisant un poète ; pour le fond il n'ajoute que quelques détails, tirés probablement de Caton ou de Varron*; maintenant est-il bien nécessaire de dire que dans la forme il n'égale pas la divine simplicité d'Homère et qu'il adapte parfois au goût de son temps les scènes qu'il lui emprunte ? Chez le vieil aède Circé chante en tissant de la toile, au moment où arrivent les compagnons d'Ulysse ; à leur appel elle paraît sur le seuil et les invite à entrer ; un peu plus loin nous apprenons qu'elle a auprès d'elle quatre nymphes pour la servira Chez Ovide plus de chant ni de toile ; Circé est une reine qui donne audience; ses suivantes vont chercher les étrangers à la porte ; ils traversent des « atriums » de marbre et trouvent « la maîtresse » assise au fond de son palais sur un trône élevé ; elle est vêtue d'une « palla » éblouissante, avec un manteau d'or jeté autour de ses épaules ; à ses côtés une cour de Néréides et de nymphes est occupée à trier les plantes dont elle a besoin pour ses enchantements. Ailleurs Ovide ajoute de l'esprit à son modèle; Ulysse

Page 1