‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecs [microform]Chapitre 162 sur 256 · Dioraèdc, Art grammat. p · texte numérisé non relu

Dioraèdc, Art grammat. p

LA POÉSIE ROMANESQUE, l'iDYLLE ET l'ÉLÉGIE 169

les sentiments personnels de l'auteur \ Pourtant l'érudition et le lyrisme se mêlaient si souvent chez les Alexandrins et d'une façon si étroite, que cette distinction même, il faut bien l'avouer, est assez incertaine.

Ovide a eu l'heureuse idée de bannir à peu près complètement de son livre une sorte d'amour qui s'était fait une trop large place dans la poésie erotique des Grecs, comme dans leurs mœurs, l'è'pwç 7ua(§a)v. Un Alexandrin, Phanoclès, avait écrit tout un livre d'élégies sur les beaux éphèbes des temps mythologiques^ ; l'ouvrage avait pour titre "EpwTôç y) /,a)>o(. Il y racontait par exemple comment Orphée, après avoir perdu Eurydice à tout jamais, repoussa l'amour des femmes thraces ; Ovide a touché discrètement à cette tradition dans le chant X ^. Il est probable qu'il suit encore Phanoclès un peu plus loin, là ou Orphée chante un sujet en rapport avec les goûts que lui attribuait la légende :

Nunc opus est leviore lyra puerosque canamus Dilectos superis ''.

A cette source on peut rapporter l'histoire de Ganymède, en partie celle d'Hyacinthe, et peut-être aussi celle de Cyparisse °. Nous savons enfin par un témoignage positif que Phanoclès a fourni à Ovide le récit de la métamorphose de Cycnus, fils de Sthénélée, qui dans le second chant est nouée h celle de Phaé-

1. Meineke, Analecta alexandrina, p, 24 et Schultze (Georg), Euphorionea, diss. inaug., Strasbourg, 1888, p. 19; Ovidius Euphorionis carminibus usas. D'après Schultze, les rapports entre les epyllia d'Euphorion et les Métamorphoses d'Ovide seraient les suivants :

Euphorion, fragm. 38 = Ov., VII, 4o6 (l'aconit).

3^1 Ixm, 391! (l'hyacinthe).

— 47 — I, 448 (Daphné).

— 77 — XII, 556 (Périclymène).

Ehwald (dansiwan von MûUer, Jaliresb., LXXX, 1894. p. 4i) y ajouterait : Euphorion, fragm. 2 = 0v., XIII, 628 (Anius).

— 75 — XII, 169 (récit de Nestor).

2. Gallimaque ne les avait pas oubliés non plus dans son recueil d'élégies, intitulé Alrca ; voyez Couat, Poésie alex., p. 161.

3. Phanoclès, fragm. i (Bach)= Ov., X, 78 à 85 ; Couat, p. 99.

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