‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecs [microform]Chapitre 184 sur 256 · CHAPITRE X LA PHILOSOPHIE ET LA SCIENCE · texte numérisé non relu

CHAPITRE X LA PHILOSOPHIE ET LA SCIENCE

Un poète philosophe aurait pu composer un long poème sur les métamorphoses de l'univers, sans même toucher à la mythologie; Lucrèce a décrit de main de maître les premières scènes de cette vaste épopée, telles que les avait conçues l'imagination d'Epicure. On pouvait, dans cette partie même, s'inspirer des idées d'une autre école, puis poursuivre au delà du point où s'est arrêté Lucrèce, chanter les progrès accomplis par l'humanité dans les temps historiques, et finir par un tableau des peuples civilisés se rapprochant les uns des autres sous la tutelle de Rome.. Ovide n'îivait pas reçu de la nature les dons nécessaires pour une pareille tâche; il n'avait pas l'esprit philosophique; même chez le rhéteur, les exercices où il fallait argumenter l'ennuyaient \ Pourtant il avait philosophé à 'son heure comme tous les gens instruits ; dans son adolescence, lorsqu'il alla achever ses études à Athènes^, et plus tard, lorsqu'il parcourut les grandes villes de l'Asie^, il ne put rester tout à fait indifférent aux leçons des savants maîtres qui commentaient les doctrines fameuses*. Virgile, Horace avaient eu un souci très vif des questions philosophiques; Properce s'était promis pour ses vieux jours d'étudier les lois de la nature". A son tour, Ovide, à l'époque où

1. « Molesta illi. erat omnis argumentatio. » (Sénèque, Controv., II, 2 (10), 12). Du fond de son exil, Ovide répond à son ami Rufinus, qui lui avait envoyé une Consolatio, que ce n'est pas la philosophie qui peut le guérir : « ignoscat sapientia vestra dolenti. » {Pont., 1, 3, 85.)-

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