‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecs [microform]Chapitre 185 sur 256 · Ov., Pont., II · texte numérisé non relu

Ov., Pont., II

4. Cf. Tristes, V, 12, 11, où il compai-e son sort à celui de Socrate. Le Phédon de Platon est mentionné dans V Ibis, 496.

5. Prop., III, 5, 23; cf. 21, 25. Voyez aussi le ps. TibuUe, IV, i, i5i.

il arrivait à la maturité, a voulu montrer qu'il avait recueilli l'écho des discussions sur les grands problèmes. S'il n'a pas traité tout entier et exclusivement le sujet philosophique qui s'offrait à lui, il en a du moins condensé les principaux éléments au début et à la fin des Mètamorplioses. Le premier chant s'ouvre par le récit de la création du monde; la moitié du dernier est consacrée à un exposé de la doctrine pythagoricienne sur la migration des âmes et sur les évolutions de la nature. Ainsi ce poème, qui contient tant de choses légères, est encadré entre deux morceaux, où Ovide a résumé les résultats des plus hautes spéculations ; il nous faut chercher par quelle voie ils lui ont été transmis et quel parti il en a tiré. Notre examen portera en premier lieu sur le quinzième chant, parce que c'est celui où nous avons le plus de chance de ne pas nous égarer ; des conclusions que nous en tirerons dépend en grande partie le jugement que nous devons porter sur le premier.

La tradition des rapports de Numa avec Pythagore * repose sur un anachronisme grossier: Pythagore, d'après les calculs les plus vraisemblables, est né vers l'an 58o., environ un siècle après la mort de Numa^. Cette tradition erronée a dû se former vers le commencement du second siècle avant notre ère, lorsque les Grecs cherchaient à persuader aux Romains que les meilleures institutions de Rome avaient une origine grecque ; c'était le temps où Ennius, dans son Epic/ianneel dans ses Annales, s'inspirait des idées pythagoriciennes; en 181 eut lieu sur le Janicule la découverte du prétendu tombeau de Numa et des sept livres où le sage monarque avait, disait-on, exposé la doctrine du philosophe, son maître. Les principaux annalistes du second siècle, Cassius Hémina, Calpurnius Piso, Sempronius Tutidanus, reproduisent les uns après les autres cette anecdote sans aucune hésitation; elle est rapportée encore avec une entière confianée par Valérius d'Antium, dont l'ouvrage fut écrit probablement vers le temps de

1. Sur le Pythagore d'Ovide, outre les dissertations citées plus loin, on peut consulter encore avec profit Hottinger, de Pytliagora Ovidiano, dans ses Opiiscula philologica, Leipzig, 1817, p. 100 à 107.

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