‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecs [microform]Chapitre 217 sur 256 · Varron, Gallus, fragm. m · texte numérisé non relu

Varron, Gallus, fragm. m

6. Oder et Mûnzer, ouvrages cités, sont arrivés de leur côté à la même conclusion : c'est que les travaux de Varron ont servi de source aux k paradoxa » de Vitruve et de Pline.

7. En conséquence, je rapporterais au Gallus de Varron les exemples dont la source ne nous est pas connue par des écrivains antérieurs à Ovide, c'est-à-dire ceux des vers 396 à 3o6 (Trézène), 356 à 358 (Pallène), 350, 36o (les femmes Scythes), sans compter les versions qui ont été mentionnées comme uniques, vers 3io, 3i2, 3i3, 331, 333, 334.

• S. Ov., I, 5 à i5o.

LA niILOSOPHIE ET LA SCIENCE 217

Pythagore : ces deux grands morceaux philosophiques ont entre eux ceci de commun, qu'ils résument tout un ensemble de spéculations abstraites sur la formation de l'univers et sur le passé le plus lointain de l'humanité. De part et d'autre Ovide nous enseigne comment les quatre éléments sont répartis dans le monde et comment l'homme a laissé peu à peu se corrompre ses vertus originelles. Il y a cependant cette différence que dans le premier chant il s'agit de reconstituer une histoire perdue dans la nuit des temps, tandis que le quinzième chant expose les évolutions actuelles, incessantes et indéfinies de la nature et de la société. Il semble donc au premier abord que ces deux beaux morceaux se complètent mutuellement et qu'ils ont été détachés d'une même doctrine pour servir, l'un de préambule, l'autre de conclusion aux métamorphoses des héros; en ce cas nous devrions admettre que tous deux proviennent de la même source. Mais ici se présente une assez grave objection. Dans le quinzième chant Ovide enseigne, conformément au principe des néo-pythagoriciens, que le monde est éternel :

Quattuor aeterniis genitalia corpora mundus Continet ^:

La secte prétendait même que de tout temps il y avait eu des hommes sur la terre-; rien n'est plus contraire aux idées sur lesquelles repose le début du poème d'Ovide. Autre divergence : dans le premier chant il assure que pendant l'âge d'or les hommes étaient complètement oisifs ; la terre subvenait sans culture à tous leurs besoins ; des ruisseaux, de lait et de nectar coulaient à travers les champs ; les feuilles des arbres distillaient du miel ; même les baies des buissons satisfaisaient les goûts simples de nos premiers ancêtres. C'est la version poétique'*. Dans le discours de Pythagore au contraire apparaît une autre conception, reproduite aussi dans les Fastes'', et qui vient certainement des philosophes; l'agriculture était nécessaire au bonheur de l'homme ; pendant

1. Ov., XV, 289; Varron, de liiig. lai., V, ir = Schraokel, diss. De Os>idiana..., Appendix, fragm. i.

2. Varron, Agriculture, \\, 1, 3 =- Schmekel, ihid., fragm. 2,

3. Ov., I, 100 à 112. Elle est développée, par exemple, dans un fragment d'élégie grecque, de l'époque alexandririe, qu'un papyrus récemment découvert nous a fait connaître. H. Weil, Revue des études grecques, XI (1898), p. 289.

Page 1