Ov., Fustes, I, 335 à 458 et IV, SgS à 4i
l'âge d'or il labourait la terre*; Cérès elle-même lui a enseigné à récolter ,1e blé pour le tirer d'un état misérable qui l'assimilait aux animaux-. Dans le premier système le travail est une déchéance, dans le second un progrès. Si donc nous avons conclu que le discours de Pythagore est emprunté principalement à Posidonius par l'intermédiaire de Varron, il semble bien que nous devons attribuer une autre origine au début du premier chant.
Diodore ^ a placé en tête de son histoire un tableau du monde primitif qui rappelle par plus d'un trait celui d'Ovide ; comme il cite quelques vers d'Euripide, « élève d'Anaxagore », on a prétendu qu'il avait lui-même mis ce philosophe à contribution, et ainsi Anaxagore aurait été en même temps le modèle d'Ovide*. On ne peut pas nier en effet qu'il y ait un rapport très remarquable entre les idées d'Ovide et celles de Diodore ; mais outre qu'il est incomplet sur certains points^, nous avons beaucoup de peine à nous persuader qu'Ovide ait jamais lu les œuvres d'Anaxagore ; il faudrait prouver enfin que Diodore lui-même en a tiré le passage où il cite les vers d'Euripide : c'est une hypothèse qui ne s'impose à nous en aucune façon ; les idées d'Anaxagore sont devenues après lui le bien commun de plusieurs sectes différentes ; nous les retrouvons notamment dans le stoïcisme. Or il est à noter que Diodore a une sympathie prononcée pour la doctrine du Portique®. En somme il n'y a rien dans son explication des origines du monde qui ne puisse provenir de cette source, aussi bien que d'Anaxagore ^
D'un autre côté c'est encore vers le stoïcisme que nous ramène, malgré tout, le début des Métamoi-phoses \ la contradiction signalée entre ce morceau et le discours de Pythagore est plus apparente que réelle. Ovide dit, au quinzième chant, que le monde est éternel ; pouvait-il dire autre chose puisqu'il fait parler