Ibid., 76 à i5o
3. Voyez encore I, 4i6 à 487 {generatio aeqiilvoca, Zeller (Ed.), Philos, dev Grlech., III, F, p. i5o, note i), et dans l'histoire de Phaéthon l'allusion à la théorie stoïcienne de rèzTtûpwŒi;, qui doit amener la fin du monde (I, 253 à 258). Dans l'histoire de Deucalion (I, 260 à 4i5) le récit du déluge a bien des rapports avec celui du cataclysmus dans Sén., Quest. nat., III, 27-80; Posidonius ici encore pourrait bien avoir été leur source commune, Varron servant d'intermédiaire à Ovide. Gensorin, Jour natal., XVIII, 11 ; Zeller, III, P, p. i56, note 3.
4. Voyez la Peste d'Egine, Ôv., Vil, 517 à 6i3 et Lucrèce, VI, ii36 à 128, 5, et pour le surplus A. Zingerle, Ovidius iind sein Verhiiltniss zu den Vovgungcvn rùni. Dichlern, Innsbrûck, II (1871), p. 12 et 18.
3âa LES Ml^TAMORPMOSÈS D^OVIDE
ches, ou il faut accepter la méthode, quelles que isoient les ressources dont elle dispose, sans se dissimuler que les résultats auxquels elle conduit ne peuvent jamais avoir qu'une valeur conjecturale. On reconnaîtra seulement qu'ici ils sont complètement d'accord avec ce que nous savons des goûts et du caractère d'Ovide. ■
Mais s'il y a une souveraine injustice à exiger d'un poème narratif et merveilleux la rigueur, l'ordre et l'enchaînement que les philosophes mettent dans leurs déductions, il n'y en aurait pas moins à y chercher le fruit de lectures savantes et longuement méditées. Dans les parties des Métamorphoses où il touche ,à la philosophie, Ovide ne semble pas être remonté au delà de Varron et de Lucrèce ; que nous importe, s'il a revêtu leurs pensées, ou plutôt celles qu'ils ont eux-mêmes empruntées à d'autres, d'une forme où s'unissent l'éclat, la variété et l'élégance ? Et cela qui en peut sérieusement douter, puisque ses vers sur les origines du monde sont dans toutes les mémoires? C'est que ce poète, qui n'a point la tête philosophique, sent à merveille la dignité et la grandeur de la philosophie : c'est là chez lui un des heureux effets du « decens ingenium^w. Le témoignage d'admiration le plus chaleureux que l'antiquité nous ait laissé sur Lucrèce est celui qu'Ovide a inséré dans un de ses poèmes galants^. Ghrysippe avait vanté la dignité de la forme humaine, en faisant remarquer que seul de tous les êtres vivants l'homme avait la tête élevée vers le cieF ; cette pensée aurait-elle eu la même fortune, si Ovide n'avait écrit :
Os homini sublime dédit coelumque tueri Jussit eteréctos ad sidéra tollere voltus *.
Mais si nous nous défions de notre jugement, interrogeons les anciens. Nous verrons chez eux qu'Ovide a fait les délices des philosophes et qu'entre toutes lès parties de son œuvre aucune ne les a plus séduits que le premier et le quinzième chants. Un