‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecs [microform]Chapitre 234 sur 256 · Vers 770 : « vimque parât · texte numérisé non relu

Vers 770 : « vimque parât

7. Ov., Am., J, 8 ; cf. l'Acanthis de Properce, IV, 5. Crusius, Untersuchungen zu den Mimiamheii des Hérondas, Leipzig, 1S92, p. 21, a déjà fait le rapprochement avec Ovide,

LES LÉGENDES ET l'iIISTOIRE DE l'iTALIE 233

une proxénète vulgaire une divinité qui a des autels dans Rome; mais il y a encore bien de l'astuce dans son personnage. D'abord il tire parti du double rôle qu'il lui prête pour nous égayer par des mots comiques. Vertumne sous sa figure d'emprunt s'est introduit dans le verger de Pomone ; tout en vantant les fruits qu'elle cultive, « il lui donne quelques baisers, comme jamais vieille femme n'en eût donné :

Paucaque laudatae dédit oscula, qualia nunquam Vera dedisset anus ' ».

La situation équivoque du jeune dieu amène dans son discours des mots à double entente: Ecoute, dit-il à Pomone, les conseils d'une vieille femme, «qui t'aime mieux que tous tes prétendants, et plus que tu ne le crois... Je me fais garant de Vertumne; il m'est aussi connu qu'il se connaît lui-même... Aie pitié de son amour ; pense que c'est lui qui te supplie par ma bouche ;

quae te plus omnibus illis,

Plus quam credis, amo.

Pro quo Me quoque pignus habe ; neque enim sibi notior ille est Quam mihi.

Miserere ardentis ; et ipsum Qui petit, ore mec praesentem crede precari ^ ».

Ainsi font les auteurs dramatiques lorsque, deux personnages étant en scène, le spectateur a été mis dans la confidence d'un secret qui n'est connu que d'un des deux. Nous avons grand besoin de nous rappeler de temps à autre le but honorable que poursuit la fausse vieille, pour ne pas trouver ses propos aussi impudents que ceux de la Gyllis d'Hérondas. Qu'elle vante les mérites de son protégé, passe encore ; c'est un des lieux communs du rôle: il est entendu que Vertumne est jeune, beau, bien fait, très épris, et qu'il rendra sa femme heureuse parce qu'il partage ses goûts. Mais l'honnête matrone ajoute que personne n'est aussi constant^ ; cette fois elle passe vraiment la mesure : Vertumne est le dieu qui change, et par qui tout change sans cesse ; fâcheux présage pour une épouse. Mais c'est lui-même qui parle et dané

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