‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecs [microform]Chapitre 38 sur 256 · Varron, De L'agriculture, II · texte numérisé non relu

Varron, De L'agriculture, II

LES RECUEILS DE MÉTAMORPHOSES AVANT OVIDE 3g

uns des savants modernes, qui ont recherché l'origine de la littérature spéciale consultée par Ovide, ont rangé Eumélus parmi ses devanciers. Mais il est impossible d'admettre que cet Eumélus soit le poète du viii" siècle * ; jamais dans une antiquité aussi reculée on n'eût imaginé de mettre en vers cette prétendue découverte, à supposer qu'elle eût été déjà révélée à la science. Saint Jérôme a dû se tromper, soit sur le nom de l'auteur, soit sur le titre de l'ouvrage ; ou bien encore, et cette opinion est de beaucoup la plus vraisemblable, il y a eu, à l'époque alexandrine, un faussaire qui a répandu, sous le nom du vieux poète du viii® siècle, une composition de sa façon ; il a dû être h peu près le contemporain du faux Démocrite, de Philétas, d'Archélaus, de Magon, enfin de tous ces écrivains qui avaient enseigné avant Virgile qu'un essaim pouvait sortir du cadavre d'un bœuf -.

Voici une supercherie du même genre et de même date ; elle a eu, à ce qu'il semble, beaucoup plus de succès dans l'antiquité et elle présente plus d'intérêt dans une étude sur Ovide ^. Il y avait une tradition, qui rangeait parmi les plus anciennes Pythies de Delphes une femme nommée Boiô, c'est-à-dire sans doute la Béotienne ; on lui a parfois attribué l'honneur d'avoir inventé l'hexamètre, et elle passait pour avoir composé un Hymne à Apollon *. Vers le commencement du m® siècle on put lire dans le monde grec une Ornithogonie, qui était donnée comme l'œuvre de cette antique prêtresse^; c'était un recueil envers, où étaient rassemblées toutes les fables relatives aux héros qui avaient été changés en oiseaux. Puis cette Boiô devint un Boios, et désormais on appela ordinairement de ce nom masculin l'auteur de VOrnitho- ^o«ie^. Nous pouvons nous faire une idée assez exacte de ses goûts et du but qu'il s'était proposé, grâce à la compilation d'Antoninus. Libéralis : Boios, ou, pour employer la forme latine, Boéus en est, avec Nicandre, la principale source ; sur les quarante

1. Gomme l'a fait Kinkel, Poet.epic. gv. fragm., Eumélus, 5. Voyez Koch, édition d'Anton. Liber., p. xxv.

2. Bergk, Ëuineli Bougonià, dans le Rhein. Muséum, neue Folge, I (1842), p. 365.

3. Knaack, de Boei Ornithogonia, dans ses Analecta alexandnno-ro maria (1880), cap. i; Oder, De Antonin. Liber., p. 43 et suiv.

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