Vers
Gomment Alcyone, désolée de la perte de Géyx son époux, qui avait péri au milieu d'un naufrage, fut changée comme lui en alcyon ; ailleurs, dans le livre VIP, on lit que cet oiseau tire son origine d'une jeune femme du même n'vitn, fille de Sciron, brigand de l'Attique, qui l'avait précipitée dans la mer. De ces deux versions contradictoires la première vient de Nicandre, la seconde vient de Théodore^; nous le savons par un texte de Valérius Probus, dont la précision et la clarté ne laissent rien à désirer^. Dès lors, ces deux fables seraient-elles les seules qu'Ovide eût puisées à des sources différentes, qu'il serait déjà chimérique de prétendre qu'il n'en a eu qu'une seule dans tout son ouvrage. Mais ce qu'il a fait pour la fable de l'origine des alcyons, il est très vraisemblable qu'il l'a fait pour beaucoup d'autres, sur lesquelles nous n'avons pas des renseignements aussi décisifs. Il lui est arrivé plusieurs fois dlàccueillir des versions différentes*; on a, il est vrai, la ressource de supposer qu'il les avait trouvées réunies dans son modèle même ; c'est ainsi que l'auteur de la Cim a passé en revue toutes celles qui se rapportaient à Scylla, avant d'en choisir une pour thème de ses vers '^. Mais il est douteux que l'ouvrage de Nicandre eût plus de quatre livres, et il serait téméraire d'admettre que ceux de Parthénius et de Théodore fussent plus étendus. Comment Ovide aurait-il trouvé rassemblées chez un seul d'entre eux toutes les légendes que nous voyons développées dans les quinze livres du poème latin? Un jour, en présence de Tibère, le rhéteur L. Junius Gallio parlait d'Ovide, son ami ; il citait une expression poétique de Virgile qu'Ovide avait replacée dans sa tragédie de Médée; il en avait fait autant, ajoutait Gallio, avec be-aucoup de vers de Virgile; ce n'étaient pas des larcins, mais des emprunts déclarés, qu'il voulait qu'on reconnût". Est-il téméraire de supposer que le même principe l'a inspiré dans les Métamorphoses ? Non, il n'a pas conçu