Ov., IV
6. Strabon, XIV, p. 656. Il était déjà question de Salmacis dans une tragédie d'Ennius ; mais on ne sait s'il la mettait en rapport avec Hermaphrodite : Tragic. roman, fragmenta, 3« édit. Ribbeck (1897) ; Ennius, Incevti nominis reliquiae, p. 73, fragm. XI.
veau Callimaque, en trouve la cause dans un drame galant, dont les acteurs furent des demi-dieux. Il montrera aussi,
quoniam vulgaris fabula non est,
la malheureuse Thisbé se perçant le sein près du cadavre de Pyrame, dans la campagne de Babylone*; il célébrera la piété de Philémon et de Baucis ^, ou il dira comment Myscélus fonda Crotone^. Voilà des thèmes dignes d'un poète érudit*. Nous pourrions peut-être douter qu'ils fussent aussi originaux pour les Romains du temps d^Auguste qu'ils le sont pour nous, si Ovide ne les avait pas lui-même signalés comme tels à l'attention du lecteur; il ne dit pas toujours, en pareil cas : « vulgaris fabula non est ; » mais il le fait entendre. Ainsi il place l'histoire de Philémon et de Baucis dans la bouche d'un personnage qui aurait vu les lieux où elle s'était passée** et qui l'aurait entendu raconter par des vieillards du pays ^; autant dire que ce n'est pas une tradition depuis longtemps consacrée par les poètes, mais une tradition anonyme et populaire; elle n'est pas antérieure au culte local auquel elle se rattache ; au contraire elle a été imaginée récemment pour servir à l'expliquer.
Néanmoins il ne suit pas de là qu'Ovide l'ait recueillie le premier, quoiqu'il soit le premier qui Tait mise en vers latins. A coup sûr il procède ici à la façon des poètes d'Alexandrie : ce n'est plus seulement aux chefs-d'œuvre de la- période classique qu'on emprunte les fables destinées à former le canevas des compositions nouvelles ; on s'adresse aux géographes et aux historiens, surtout à ceux qui ont écrit sur des contrées lointaines. Un certain Ménécrate de Xanthe, contemporain du premier Ptolémée, avait publié une histoire de la Lycie ; peut-être est-ce là, comme
1. Ov., IV, 53-i66. Rohde, Griech. Roman, p. 1^3, noie 2. Hart (G.). TJeher Ursprung und Vei'breUung der Pyramus tind Tliishe Sage, Passau, 1889-1891, Progr. der KreisrealschuLe, ne remonte pas au delà d'Ovide.