Ov., II, 367-380; VII, 371-381 ; XII
mais tantôt la description du prodige tient en deux vers, tantôt en huit; puis surtout il sait le prix d'un habile arrangement. Si l'on étudie la matière du quatrième chant, par exemple, on constate qu'il a pris à tâche d'entre-croiser les fables relatives aux bêtes, aux plantes et aux pierres, de telle sorte que la catastrophe de chacune d'elles amenât des descriptions variées *, résultat qui aurait été impossible dans un ouvrage conçu comme VOrnithogonie de Boéus. Il n'y a pas un seul chant sur lequel on ne puisse faire la même observation.
En second lieu les Métamorphosés participent à la fois de tous les genres poétiques, non pas seulement parce qu'Ovide emprunte à tous des idées et des développements, mais parce que, même dans la forme, il semble s'être appliqué à donner au moins un échantillon de chacun d'eux. Si l'on considère le mètre, c'est une épopée, et si l'on considère le fond, une épopée didactique. Mais nous y trouvons aussi un hymne j à Bacchus^; le long récit de l'enlèvement de Proserpine, chanté par Calliope, si on le détachait de ce qui l'entoure, pourrait fort bien passer pour un hymne à Cérès^; d'autres morceaux plus courts ont le mouvement de l'ode '". Les deux grands monologues d'Ajax et d'Ulysse nous transportent devant la scène tragique ''. L'élégie ne se contente pas de s'insinuer partout au second plan ; son tour vient de paraître au premier, lorsqu'Ovide conte l'amour de Polyphème pour Galatée "^ ; l'histoire de Philémon et de Baucis fait entrevoir un coin de poésie pastorale^. Voulons-nous une héroïde ? Voici la