‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecs [microform]Chapitre 93 sur 256 · Ov., IV · texte numérisé non relu

Ov., IV

belle Ariticlée comme tes yeux'. » De même Ovide laisse voir en maint endroit qu'il ne se porte pas garant de la véracité de ses récits; on est libre surtout de ne pas ajouter foi à ceux qui paraîtraient révoltants; près de chanter l'amour de Myrrha pour son pèrC) il donne cet avis au lecteur : « Si mes accents ont des séductions pour vos cœurs, gardez-vous d'ajouter foi à cette partie de mon récit; ne croyez pas au forfait, ou, si vous y croyez, croyez aussi au châtiment.

Desit in bac mihi parte fides, nec crédite factum ; Vel, si credetis, facti quoque crédite poenam ^. )>

Ovide pense donc, comme certains de ses personnages, que le crédit des fables est proportionné à l'autorité de celui qui les rapporte ^. Au fond il ne s'est jamais soucié beaucoup d'asseoir ses croyances sur une base solide; tout ce qu'il chante a bien pu arriver, « à moins qu'il ne faille retirer toute autorité aux poètes », comme le dit son Pythagore,

nisi vatibus omnis Eripienda fides '\

Ces aveux déguisés, ces corrections, ces avertissements, introduits dans un poème mythologique, sont autant de symptônies, qui nous révèlent clairement l'état d'esprit de l'auteur.

On a souvent observé que les poètes employaient d'autant plus volontiers l'allégorie qu'ils acceptaient moins docilement les légendes traditionnelles. Ce n'est pas que les figures allégoriques soient étrangères à l'ancienne poésie grecque ; la comédie attique en avait fait un fréquent usage ; il y en a aussi un grand nombre dans les poèmes attribués à Hésiode ; nous y trouvons même plusieurs de celles qu'Ovide a décrites, la Faim^, le Sommeil", la

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