‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecs [microform]Chapitre 95 sur 256 · Gallim., Hymnes, lï, io5-ii · texte numérisé non relu

Gallim., Hymnes, lï, io5-ii

toujours juste pour le poète latin dans les critiques qu'on lui adresse à ce sujet; on s'expose parfois à de singulières surprises quand on se laisse guider par des idées préconçues. Gaillard est certainement un de ceux qui ont apprécié Ovide avec le plus de finesse et d'équité ; pourtant il lui reproche* de s'être laissé aller, dans certains tableaux, à une, gaieté de mauvais goût, et il donne comme exemple la scène où l'on voit Mars et Vénus entourés d'un filet par Vulcain^. Ovide n'a fait que résumer très brièvement un longpassage àeVOdyssée^ et il se contente de dire « superi risere^» là oïl le vieux poète parle du « rire inextinguible » des dieux ^. Gaillard ne pouvait pas ignorer la source de cet épisode fameux, quoiqu'il ne la cité pas; mais où il s'égare tout à fait, c'est lorsqu'il voit une trace manifeste du goût propre à Ovide dans ces vers ^

« aliquis de dis non tristibus optât Sic fieri turpis.

Un des dieux en belle humeur souhaite la honte [de Mars] au même prix ». Gaillard oublie qu!Homère a développé le propos dans un petit dialogue de neuf vers, où Hermès réplique sur un ton très folâtre à une question d'Apollon qui ne l'était pas moins ^. Cette erreur,, dans un mémoire qui compte plus d'un siècle de date, ne vaudrait pas la peine d'être relevée, si nous n'en pouvions tirer une leçon salutaire. Gaillard n'a pas regardé d'assez près un texte d'Homère qui est à la portée de tous ; mais combien d'ouvrages de l'ancienne poésie grecque avons-nous perdus qui nous étonneraient peut-être par des hardiesses semblables^! Rap-

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