Hom., Odyss., VIII
k. Ov., IV, 188.
5. Hom.', l. c, 326 : « àaSEato; 8' ap' Ivcopto ynXio; (jLay.âpsaCTi Gsoîaiv. » Il est curieux qu'Ovide lui-même ait été au devant du reproche, en rappelant dans les Tristes (II, 377) quelle est la source où il a puisé :
Quis nisi Maeonides Venerem Martemque ligatos Narrât in obscoeno corpora prensa toro ?
6. Hom., /. c, 334-342. Il est vrai que les Alexandrins, choqués de ces vers, refusaient de les attribuer à Homère, singulière pudeur chez des Alexandrins. Dans la même catégorie rentre la question posée", après boire, par Jupiter à Tirésias, Ov. , III, 3 16, 338. Elle vient de la Mélanipodie d'Hésiode (Epicor. graecor. fragm., éd. Kinkel, Hesiodus, fragm. 179) par plusieurs intermédiaires, au nombre desquels est Callimaque ; Schneider, Callimachea, fragm. 4i5 ; Phlégon, Hepi 6au[xaat'cov, 4; Isigone de Nicée, 32, éd. Rohde, dans les Acta societatis pliilologae Lipsiensis, I (1871), p. 38.
7. Gpmme l'a montré Gaston Boissier, La fin du paganisme, t. II, p. 322, la
pelons-nous donc qu'à toutes les époques on a ri dans l'Olympe comme sur la terre, et que rien n'est plus varié ni plus souple que le génie grec. Les vieux aèdes ont eu leurs heures de gaieté; Ovide a été discret quelquefois dans sa pétulance. Si une chose doit nous frapper ici, c'est qu'il n'a pas osé imiter le naïf abandon du poème homérique, probablement parce que, sous Auguste, le bon ton, sinon la morale, exigeait plus de retenue dans une épopée ^
Pourtant il se dégage bien de toutes ces aventures galantes, trop pressées les unes contre les autres, une impression fâcheuse : nous avons de la peine à garder toujours notre sérieux devant ces divinités qui ne semblent occupées que de leurs plaisirs : ce n'est pas une épopée qu'un poème dont les principaux personnages compromettent à tout moment leur dignité. Personne n'a vu plus nettement qu'Ovide ce défaut du sujet et ne l'a fait ressortir en termes plus précis. Il a soin de nous dire, lorsque Jupiter prend la forme d'un taureau pour séduire Europe: « On ne voit guère s'accorder ensemble et habiter dans la même demeure la majesté et l'amour.
Non bene conveniunt, nec in una sede morantur Maj estas et amor^. »
Nous voilà prévenus dès le second livre. Et Ovide a bien vu aussi que cette galanterie, qui trop souvent nous fait sourire, ne va pas sans monotonie, que la jalousie trop justifiée de Junon, par exemple, risque de nous fatiguer promptement^. Et enfin il sait très bien que toutes ces vieilles fables sur les amours des dieux n'ont rien de commun avec la morale; ce sont des adultères, des crimes célestes, « furta, caelèstia crimina'' ». Mais quoi ! ce qu'il aime c'est précisément cette galanterie, dont les auteurs de Métamorphoses lui donnaient l'exemple ; avant de les imiter, il
morale qui règle l'union des sexes était, dès les temps les plus lointains, étrangère à la mythologie.
1. Gaillard cite encore comme exemple le chant de Polyphème (Ov., XIII, 789- 807). C'est une chanson légère, qui admet une sorte de jeu, consacré peut-être par l'usage populaire, mais ce n'est pas « un discours ridicule » et l'intention « burlesque » n'y est pas du tout évidente. Sur ces surprises, auxquelles on est exposé en jugeant les Alexandrins et leurs imitateurs, voyez Jules Girard, dans le Journal des Savants, 1894, p. 538 et 642.