Ov., II
3. Ov., III, 262 : « Profecl quid enim totiens per jurgia? dixit. »
4. Ov., VI, i3i. Cf. I, C06, 023; II, 423; m, 7," 266; IV, 174,327; IX, 567.
avait écrit les Amours, \es Héroïdes, VArt d'aimer, les Remèdes d'amour j le poème sur le Fard, et la tragédie de Médée \ par conséquent depuis une quinzaine d'années au moins il vivait plongé dans la poésie erotique ; il a beau dire dans son prélude qu'il aborde une entreprise toute nouvelle pour lui^, ses intentions ont pu changer, mais non sa nature et ses fréquentations. Ses dieux et ses héros sont toujours bien ceux de Callimaque, de Philétas, de Phanoclès et d'Euphorion. ce Ovide, dit Quintilien, badine même dans le poème héroïque et il est trop amoureux de son esprit^. » Oui, amoureux jusqu'à aimer ses, défauts, dont il a parfaitement conscience, et à les aimer dans les autres. Tenons-nous en, comme toujours, au jugement de Quintilien; mais ne condamnons pas trop vite le charmant poète. Il lui arrive de dire que les amours des dieux sont « des faiblesses, des adultères»; n'est-ce pas reconnaître qu'il y a une loi morale qui s'impose à eux aussi strictement qu'aux hommes, etcetaveu tacite n'est-il pas à l'honneur du temps ^ ? Puis ces dieux onï beau satisfaire trop souvent des caprices coupables, ils n'en sont pas moins investis d'une autorité morale, ou plutôt ils sont l'autorité, ce qui suffit, à défaut d'autres titres, à les faire respecter, et c'est encore un point par lequel ils ressemblent à beaucoup d'hommes. Grande ressource pour Ovide ! Il n'exaltera pas leurs vertus, mais il les montrera châtiant le crime*; l'ensemble de l'ouvrage ne sera pedt-être pas plus édifiant, mais au moins il y aura des diversions, après lesquelles on reviendra avec plus de plaisir encore au spectacle des vices aimables.
L'érudition dans la poésie alexandrine marche toujours de pair avec la galanterie. Quoique Ovide n'abuse, pas des fables rares ^, il aime assez h montrer qu'il n'y a point de personnage si humble dans le monde héroïque qui lui soit inconnu, et surtout il tient à nous convaincre qu'il a en réserve des trésors de science, dont il