LES PUCES
Les puces semblent des hémiptères dégradés, présentant les deux paires d’ailes à l’état de vestiges, d’écailles de la même couleur que le corps. Elles sucent le sang de l’homme et de divers ani-
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maux. La puce de l'homme, ou puce irritante, a le front lisse (fig. 349). Elle devient plus grosse que la puce du chien et du chat. On prétend qu’elle acquiert une forte taille sur les bords de la mer. Les mâles sont quatre à cinq fois plus petits que les femelles. La puce abonde dans les pays chauds ; les
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lig. 549. Puce de l'homme, grossie.
Arabes, très-malpropres, logent dans les plis crasseux de leurs burnous des œufs de puces et des Itgions de ces insectes à tous leurs états. Les puces du chat et du chien peuvent piquer l'homme, mais moins fortement que la puce irritante, et elles le quittent volontiers. La puce du chien a le bord du front garni d'énormes épines. La puce irritante choisit avec prédilection les peaux plus délicates des femmes et des enfants. Beaucoup d'animaux ont leurs puces ; ainsi le pigeon, l'hirondelle, la chauvesouris, la taupe, le hérisson, le blaireau, le mulot, la musareigne, etc.
Par une anomalie singulière, les puces si dégradées ont des métamorphoses complètes. Les œufs sont pondus dans la poussière, dans les fentes du plancher, sur les coussins où dorment les animaux,
4aU2 LES MÉTAMORPHOSES DES INSECTES.
dans les langes des jeunes enfants. Il en sort des larves blanches et transparentes, sans pattes, trèsremuantes, se tortillant comme des petites ancuilles. Réaumur, M. Blanchard ont vérifié, sur ces larves, un fait de mœurs étrange, unique chez les insectes. La mère puce va leur dégorger dans la bouche le sang dont elle s’est remplie, et on voit, sous leur peau transparente, se colorer le tube digestif. Si la mère est tuée ou se laisse emporter au loin, les larves meurent de faim. Chaque larve, au bout d’une quinzaine de jours, se file un petit cocon entremêlé de poussière. Elle s'y change en nymphe dont la forme rappelle l'adulte et qui en a déjà les longues pattes.
Les puces ont une grande force musculaire. On en a montré, sous le nom de puces travailleuses, attachées par des fils de soie de cocon, trainant des chariots, des petits canons. Cette récréation n’est pas récente, car Mouffet et Geoffroy en parlent dans leurs écrits. À propos de la force des puces, gardons-nous de croire, au mépris des mathématiques, qu’une puce de la taille d’un homme sauterait aussi haut que le Panthéon ; clle ne sauterait pas à deux mètres.
L'homme est encore la proie de la puce pénétrante ou chique. Son bec est très-long, son corps effilé et étroit (fig. 550). Le mâle demeure toujours grêle el
Fig. 550.
Puce pénétrante, grossie.
errant, plus pelit que la puce irritante. La femelle pénètre sous la peau et se gonfle peu à peu par les liquides qu'elle aspire. Son abdomen devient énorme, gros Comme un pois, sur lequel la tête et le thorax ne paraissent plus que comme un point brunätre. La ponte a lieu, de graves ulcérations en résultent, et on a vu des cas suivis de mort. Ces chiques abondent aux Antilles, à la Guyane, au Brésil, en Colombie. Les pieds nus des nègres et des Indiens en sont souvent attaqués. De vieilles négresses savent les enlever avec dextérilé, à la pointe d’une aiguille, de manière à prévenir tout danger si on opère à temps. Le docteur Guyon rapporte qu’au Mexique une compagnie de chasseurs de Vincennes fut obligée d'abandonner un vieux bâtiment où elle devait passer la nuit, en raison des insupportables piqûres d'une armée de ces puces pénétrantes. C'élait la 6° compagnie du 18° bataillon de chasseurs qui, dans la nuit du 19 au 20 mars 1862, avait reçu l’ordre de séjourner sous une vaste voûte dont le sol était couvert de pierres et de débris. Les lancettes envenimées des chiques furent plus puissantes que le fusil à aiguille. Toutes les parties du corps de l’homme peuvent être leur proie. Elles piquent aussi les animaux domestiques et les singes élevés en captivité dans les maisons. Le docteur Laboulbène a observé la chique à Paris sur un sujel revenant du Brésil, d’où il avait rapporté ce parasite vivant et développé.
40% LES MÉTAMORPIIOSES DES INSECIE*.