Biblioth. des Merveilles, les Météores, p
les voit, appuyées sur les feuilles par leurs longues pattes, balançant leur corps d'un mouvement saccadé et rapide. La tipule femelle pond sur le sol humide (fig. 221). Les laives allongées, grises, sans pattes, à tète écailleuse, dévorent les racines, et
Hg. 221. Tipule des potagers pondant, nymphe, larve.
sont souvent très-nuisibles aux légumes. Elles changent de peau pour devenir une nymphe immobile, laissant reconnaître les ailes et les pattes couchées de l'adulte.
La plus grande partie des diptères n'ont que de
276 LES MÉTAMORPHOSES DES INSECTES, très-courtes antennes. Leurs larves, sans pattes, ne changent pas de peau, dans la très-grande majorité des espèces, pour prendre l'état intermédiaire, mais deviennent des pupes brunes et immobiles dans l'ancienne peau séchée, à l'intérieur de laquelle s'organise l'adulte, sans que rien au dehors atteste sa forme. La plus grande puissance de locomotion que présente le règne animal est celle de certains de ces diptères, si on considère que, malgré leur petite taille, nous en voyons des espèces en été, attirées par l'odeur, suivre quelque temps des convois de chemin de fer lancés à toute vitesse et pénétrer dans les wagons. Écoutons Macquart nous exposer le rôle harmonique de l'innombrable famille des mouches : « Voyez ces nuages vivants de tipulaires, qui s'élèvent du sein de nos prairies comme l'encens de nos temples, et qui rendent également hommage à la Divinité en nous montrant sa puissance créatrice; voyez ces myriades de muscides répandues sur toutes les parties du globe, tourbillonnant autour de tous les végétaux, de tous les êtres animés, et même particulièrement de tout ce qui a cesse de vivre : la profusion avec laquelle ils sont jetés leur fait remplir deux destinations importantes dans l'économie générale : ils servent de subsistance à un grand nombre d'animaux supérieurs; l'hirondelle les irappe en rasant l'eau; le rossignol les saisit de
son bec effilé pour les porter à ses nourrissons; ils sont pour tous une manne toujours renaissante. D'autre part, ils travaillent puissamment à consommer et à faire disparaître tous les débris de la vie, toutes les substances en décomposition, tout ce qui corrompt la pureté de l'air : ils semblent chargés de la salubrité publique. Telle est leur activité, leur fécondité et la succession rapide de leurs générations, que Linné a pu dire, sans trop d'hyperbole, que trois mouches consomment le cadavre d'un cheval aussi vite que le fait un lion. »
Les plus connues des mouches proprement dites sont celles qui sont attirées par les matières putréfiées ou mortes. La Mouche domestique, si commune dans les maisons, pond ses œufs dans le fumier où vivent ses larves. Eloignez avec soin les amas de fumier des maisons de campagne si vous voulez diminuer en été leur insupportable multitude. Les animaux abattus, les viandes dépecées attirent aussitôt des légions de diptères, parmi lesquels la Mouche à viande {Musca vomUoria), d'un bleu d'acier, et la Mouche dorée (LuciliaCœsar), qui y pondent des œufs, et les sarcophages, mouches grises, rayées de noir, qui déposent de petites larves vivantes, les œufs étant éclos dans le corps de la mère (fig. 22-2). Les femelles ont l'abdomen prolongé pour la ponte en une sorte de tuyau. Les
278 LES MÉTAMORPHOSES DES INSECTES, larves, molles, sans pattes, blanches, rampant sans cesse en contournant leurs anneaux, sont les asticots des pêcheurs à la ligne.
Elles deviennent des pupes brunâtres. Jl se dégage de la chaleur de ces animaux à nutrition si active, et les pêcheurs en éprouvent la sensation quand ils versent ces larves dans leur main engourdie par le froid. Ces mouches, attirées par les odeurs fortes, pondent parfois accidentellement sur les plaies de l'homme , ou s'introduisent dans la bouche et dans les narines de malheuieux endormis dans une dégoîitante ivresse. Depuis que les condamnés aux travaux forcés sont transportés à Cayenne, on a déjà constaté cinq cas
Fig. 212.
Sarcophage de la viande.
Fig. 223, 224. Lucilia liominivorax, laive, adulte.
mortels causés par un insecte de ce groupe, nommé par le docteur Coquerel Lucilia liominivorax (fig. 223,
224). D'autres condamnés ont perdu le nez, La larve, à crochets des mandibules très aigus, vit dans l'intérieur des fosses nasales et des sinus frontaux. On en voit gagner le globe de l'œil et gangrener les paupières; elle peut entrer dans la bouche, corroder les gencives, l'entrée de la gorge, dévorer le pharynx, avec les symptômes d'une angine aiguë. Les malades commencent par éprouver un fourmillement dans les fosses nasales, puis du mal de tète, un gonflement du nez. Ils ressentent une douleur sous les orbites comme si on y appliquait des coups de barre. Vient ensuite une ulcération du nez d'où sortent les larves, puis une réaction inflammatoire très-vive amène une méningite ou un érysipèle du cuir chevelu, suivi de mort. Des larves, sorties des malades, ont été nourries de viande, et on a obtenu la mouche. Celle-ci n'est pas un parasite de l'homme, car les véritables épizoïques ne tuent pas leurs animaux; ils sont destinés à vivre l'un de l'autre. Il n'y a là que des faits accidentels dus à une horrible malpropreté et à l'ivresse; un des malheureux qui ont succombé aux larves de cette mouche était atteint de boulimie ou faim insatiable et dévorait souvent des viandes gâtées. La larve en question est connue à Cayenne sous le nom de ver macaque et avait été indiquée par Arture, médecin du roi, en 1753. 11 est probable que le ver inoyacuU du Mexique, qui attaque l'homme
et le chien, est une espèce analogue. Le docteur Coquerel a aussi fait connaître une autre mouche (Idia Bigoti) piquant, au Sénégal, les soldats des petits postes de la côte, probablement en introduisant sa tarière dans la peau avant de pondre. La larve a été rencontrée dans des furoncles du dos, des bras, des jambes. Les nègres sont souvent attaqués par cet insecte et savent très-bien extirper la larve.
Quand les mouches ordinaires des viandes et des cadavres ont rempli leur office, tout n'a pas encore satisfait à la voracité de la gent à deux ailes. Des mouches, qu'on peut qualifier de funèbres, vivent de la graisse des os des squelettes. L'espèce la plus célèbre de ces thyréophores se trouve, en janvier et février, sur les squelettes de cheval, de mulet, d'âne, dans les charniers des équarrisseurs. Elle est très-rare, et singulière parce que sa tête répand, la nuit, une lueur phosphorescente, peutêtre pour éclairer l'insecte dans son nmvre de dernière destruction. Une autre espèce, plus commune, fréquente les squelettes des chiens morts dans la campagne. Le squelette du roi de la création n'est pas à l'abri des outrages de ces mouches. Une imperceptible espèce réduit en poussière impalpable les os, les ligaments, les muscles desséchés. Elle abondait, dans l'année 1821. sur les préparations du Musée de l'Kcole-de-Médecine de Paris.
DIPTÈhES. 281
D'autres muscicles déposent toujours leurs œufs dans des animaux vivants, et leurs larves doivent se nourrir des tissus animés. Les hyménoptères ne sont pas les seuls auxiliaires que la nature nous présente pour détruire les insectes hostiles à l'agriculture. Une foule de mouches, nommées pour cette raison entomobies, ont des larves dont l'instinct est de dévorer les amas graisseux des insectes* pour n'attaquer qu'à la fin de leur existence les viscères essentiels de l'insecte dont le corps est à la fois leur herceau et leur magasin de vivres. Ces entomobies peuvent subsister dans beaucoup d'insectes d'ordres différents, et même dans des araignées; mais elles attaquent surtout les chenilles des lépidoptères. Les mouvements inquiets de la tête, les poils, les épines défendent peu les chenilles. La mouche pond ses œufs sur la peau, sans faire de trous à la façon des femelles des ichneumoniens. Les petites larves, écloses trèspromptement, se hâtent de déchirer la peau de la chenille avec leurs crochets ; parvenues à toute leur croissance, elles sortent de la chenille ou de la chrysalide, et très-rarement de l'adulte, et deviennent pupes immobiles dans leur dernière peau durcie. Il faut remarquer que les larves doivent se métamorphoser au dehors, parce que la mouche adulte manque d'organe pour perforer la peau de l'animal où a vécu la larve. En Chine, les vers
à soie sont attaqués par des insectes de cette section ; ce qu'on nomme la maladie de la mouche. J'ai publié des observations analogues faites en France sur des' vers à soie élevés à Passy par M. Caillas. L'instinct avait trompé la femelle de l'entomobie, cherchant seulement de la chair vivante pour ses enfants, car les larves ne peuvent sortir de l'épais cocon, et les mouches y trouvent la tombe à côté du berceau. C'est en ouvrant des- cocons destinés au grainage et qui ne donnaient pas de papillons qu'on a pu reconnaître ces faits.
Il ne faudrait pas croire que les mouches ne doivent que causer la mort de chétifs insectes (les cas mortels pour l'homme ne sont que des accidents anomaux). Une des causes qui rendent si difficile l'exploration de l'intérieur de l'Afrique est l'existence d'une simple mouche (Glossina morsitans) nommée la tsetsé. Cette mouche infeste d'une manière permanente le centre de l'Afrique australe, entre 18° et 25" lat. Sud et de 22" à 28° long. Elle remonte périodiquement vers le nord en certaines saisons, car elle fut indiquée autrefois par Agatharchides, puis parBruce enAbyssinie. Les premiers renseignements positifs sur ce terrible insecte sont ceux de MM. Livingstone et Oswald qui le rencontrèrent en 1849 dans leur voyage au Zambèze, sur la rive méridionale du Chobé, un des affluents septentrionaux du lac Ngami. La tsetsé
n'est pas plus grosse que la mouche domestique, elle est brune avec quelques raies jaunes et transversales sur l'cTbdomen (fig. 225, 226). Ses ailes sont
Fig. 22Ô. Mouche tsctsé, de face, Fig. 226. Mouche tsetsé, grossie. profil.
plus longues que son corps. Sa vue est très-perçante, et, rapide comme la flèche, elle s'élance du haut d'un buisson où elle guette ses victimes, et immédiatement sur le point qu'elle veut attaquer. C'est une suceuse de sang. Si on la laisse agir sans la troubler, dit M. Linvigstone^ on voit sa trompe se diviser en trois parties dont celle du milieu s'insère assez profondément dans votre peau. La piqûre prend une teinte cramoisie; l'abdomen de la mouche, flasque et aplati auparavant, se gonfle peu à peu, et si l'insecte n'est pas tourmenté il s'envole tranquillement aussitôt qu'il est gorgé de sang. Une légère démangeaison succède à cette piqûre, mais n'est pas aussi sérieuse que celle causée par un
1. Explorations dans l'intérieur de l'Afrique australe, par !<■ docteur Livingstone. Hachette, 1859, p. 86, 92 et suiv.
moustique. Les enfants de M. Livingstone étaient souvent piqués par cette mouche. Il n'y a aucun danger pour l'homme, pour tous les animaux sauvages, et parmi les animaux domestiques pour le porc, la chèvre, l'âne, le mulet et les veaux tant qu'ils tettent leur mère. Par une étrange exception cette piqûre est mortelle au bout de quelques jours pour le bœuf, le cheval, le mouton et le chien. C'est un empoisonnement du sang produit par le venin que sécrète une glande placée à la base de la trompe de la tsetsé. M. Livingstone perdit quarante trois bœufs magnifiques qui, bien surveillés, n'avaient reçu chacun que très-peu de piqûres. Au bout de peu de jours le bœuf piqué rend par les yeux et le mufle un mucus abondant. La peau tressaille et frissonne comme sous l'impression du froid. Le dessous de la bouche enfle, les muscles deviennent tlasques. Il en est qui sont pris de vertige et deviennent aveugles. Un bruit sourd et prolongé sort de l'intérieur du corps quand l'animal mange. Au bout d'une à deux semaines il meurt dans un état d'amaigrissement considérable. A l'autopsie le tissu cellulaire paraît boursouflé, la graisse changée en un liquide jaune verdâtre; le sang est devenu albumineux et tache très-peu les doigts. C'est à peine s'il en est resté. La chair est molle, le foie et le poumon altérés, et le cœur, semblable à de la viande macérée dans l'eau, est
tellement mou et vide que les doigts qui le saisissent se rencontrent en le pressant.
La mouche tsetsé paraît peu en plaine mais fréquente les buissons et les roseaux qui bordent les fleuves et les marais. Son bourdonnement, bien connu des bestiaux, les frappe d'épouvante. Elle est localisée dans certains cantons de la manière la plus complète et ne franchit jamais leurs limites. Les deux rives du Zambèze en sont infestées et beaucoup de peuplades qui les habitent ne peuvent avoir d'autre animal domestique que la chèvre. Quand des troupeaux doivent traverser les domaines de cette mouche si redoutable, on choisit les clairs de lune des nuits de la saison froide où elle est trop engourdie pour piquer. Les docteurs indigènes ont aussi mis à profit le dégoût qu'inspirent aux tsetsés les excréments des animaux; on barbouille de liente mêlée de lait les bœufs qui doivent traverser les cantons dangereux. Les rares observateurs de la tsetsé ne nous ont encore rien appris de certain sur ses métamorphoses. Ils s'accordent à dire que sa disparition suivra celle des animaux sauvages devant l'extension de l'homme et l'emploi des armes à feu, car le sang de ces animaux est sa seule nourriture.
Il semble que les diptères sont les insectes créés le plus spécialement pour vivre aux dépens des grands animaux. Les œstres, au corps velu, à la
bouche à peine formée chez l'adulte, ne paraissent pas prendre de nourriture à l'état parfait où ils ne vivent que peu de jours. Les femelles s'approchent des chevaux, se balancent quelque temps les ailes ouvertes, puis fondent comme un trait, l'abdomen replié. Un œuf adhère au poil touché par le diptère. Le même manège est répété un grand nombre de fois. Le noble quadrupède redoute singulièrement ces contacts renouvelés qui lui causent des titillations excessives. Il se frotte contre les arbres, cherche à replier sa tête entre les jambes de devant quand l'insecte p, touché ses lèvres, enfin quitte le champ de bataille dans un état de rage et, si son galop rapide ne suffit pas pour le soustraire à l'ennemi, n'a d'autre ressource que de se plonger dans l'eau. Les œufs sont déposés sur les poils dans toutes les parties que la langue du cheval peut atteindre. Ils arrivent ainsi dans l'estomac et les larves s'accrochent aux parois par des couronnes de crochets qui les entourent et qui leur servent aussi à ramper. Quand leur développement au moyen des sucs digestifs est achevé, elles sortent avec les excréments et, dans leur peau durcie, deviennent pupes à la surface du sol. La Cèphalémye du mouton pond ses œufs dans les narines de l'animal ; les larves remontent avec leurs crochets dans les cavités olfactives. On trouve fort souvent ces larves dans les boucheries quand qn fend les
têtes de mouton pour en extraire la cervelle. C. Duméril rap}3orte avoir recueilli les insectes adultes en grande quantité sur les solives du plafond des bergeries. Au moment où cet insecte touche le nez du mouton, le pauvre animal secoue la tête et frappe violemment la terre avec ses pattes de devant. Il se sauve, le museau baissé contre le sol, il flaire l'herbe en courant de crainte qu'une autre mouche n'y soit cachée, et, s'il l'aperçoit, s'éloigne avec terreur. 11 cherche les ornières pleines de poussière et y place son museau pour en rendre l'accès impossible.
Les larves des genres voisins doivent vivre dans des tumeurs excitées par elles. Les femelles déposent l'œuf sur la peau percée ensuite par les larves. Ces larves sont munies de crochets pour se mouvoir dans leur horrible berceau. Elles en sortent et se laissent tomber sur le sol à l'état de pupes encore molles. V Hypoderme du bœuf en France fait développer des tumeurs sur le dos du bétail. Réaumur en étudiait les larves sur les vaches de l'abbaye de Malnoue en Brie. Les diptères qui proviennent de ce genre de larves sont très-velus et Réaumur les compare à des bourdons. Leurs cuillerons sont très-développés et leurs balanciers ont de gros boutons ovales. U^e autre espèce produit des tumeurs sur le dos des cerfs et des daims dans nos bois, et les
oiseaux insectivores viennent parfois les becqueter et les débarrasser des larves. Le renne, dans les marécages glacés de la Laponie, souffre des attaques d'un diptère analogue. Dans les pays tropicaux les cutérèbres ont les mêmes mœurs. Une espèce à la Nouvelle-Grenade {Cuterebra noxialis) couvre de tumeurs les bœufs et les chiens (fig. 227, 228, 229). Ce diptère est aussi à redouter pour
Fig. 227, 228,229. Cutérèbre nuisible, adulte, larve, nymphe.
l'homme, et l'on voit souvent le ventre des naturels couvert de petites tumeurs où vit la larve pourvue de cercles de crochets. Quand ces larves se sont fixées sur les jambes , elles peuvent produire de graves ulcères , avec de vives douleurs et mettre obstacle à la marche. On les force à sortir au moyen de cataplasmes de tabac.
Les derniers diptères présentent les signes de la dégradation la plus manifeste. Ils ne peuvent plus vivre seuls, mais courent entre les poils ou les plumes de certains mammifères et oiseaux. Les balanciers ont disparu ; les ailes ne leur servent qu'à
JJIPTÈRËS. 289
passer d'un animal à l'autre ; la bouche est munie de deux soies qu'ils enfoncent dans la peau pour aspirer le sang ou la graisse. Enfin l'abdomen, sorte de poche volumineuse, eSt garni d'une peau très-extensible. Ce sont les métamorphoses qui rendent curieuse au plus haut point cette famille d'insectes dégénérés. Elles ont été très-bien décrites par Réaumur sur la moitclie-araignée du cheval, qu'on trouve en été entre les poils du ventre des chevaux et sous la queue. Tous ces insectes très-agiles, courant même de côté, à longues pattes munies de forts ongles crochus pour se cramponner aux poils ou aux plumes, ressemblent à des araignées. On voit sortir de l'abdomen distendu des femelles non pas un œuf, mais une énorme masse blanche, presque aussi grosse que la mère, en forme de lentille ronde et plate. C'est une larve qui a accompli son évolution à l'intérieur du corps de la mère. Bientôt elle brunit et l'on reconnaît que réellement le diptère a mis au monde une pupe d'où l'insecte parfait soit bientôt en soulevant la portion supérieure comme un couvercle. L'Hippobosque du cheval a les ailes assez développées; elles deviennent longues et très-étroites dans le Sténoptérix de Vhivondelle, qu'on rencontre entre les plumes des jeunes hirondelles et dans les nids de ces oiseaux (fig. 230). Elles sont presque nulles dans une espèce qui vit sur le cerf, et enfin manquent
290 LES MÉTAMORPHOSES DES INSECTES, tout à fait dans les onélophages qui restent accrochés au milieu de la toison des moutons (fig. 231), Leur présence nous explique ces vols d'étourneaux sui-
Fig. 231.
Sténoptéryx
de l'hirondelle, grossi.
Fig. 230.
Mélophage du mouton, grossi.
vant les troupeaux et se cramponnant sur le dos
des moutons au point de s'empêtrer parfois les
pattes dans la laine; ils cherchent ces diptères parasites. La tête se distingue à peine du thorax ^?^ chez tous ces insectes \ imparfaits; elle se confond tout à fait avec lui dans les nyctéribies cachées entre les poils des chauves -souris et ressemblant tout à fait à
des araignées qui n'auraient que six pattes (fig.
232). On ne sait trop si ces singuliers insectes
Fig. 232. Nyribie de la chauve-souris, grossie.
ont des métamorphoses. Les diptères nous conduisent ainsi, de dégradation en dégradation, aux insectes épizoïques, les poux des mammifères et les ricins des oiseaux , chez lesquels les changements se réduisent à de simples mues.