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LES PUCES

Les puces semblent des hémiptères dégradés , présentant les deux paires d'ailes à l'état de vestiges, d'écaillés de la même couleur que le corps. Elles sucent le sang de l'homme et de divers animaux. La Puce de l'homme ou Puce irritante a le front lisse (fîg. 279). Elle devient plus grosse que la puce du chien et du chat. On prétend qu'elle acquiert une forte taille sur les bords de la mer. Les mâles sont quatre à cinq fois plus petits que les femelles. La puce abonde dans les pays chauds; les

Arabes très-malpropres, logent dans les plis crasseux de leurs burnous des œufs de puces et des légions de ces insectes à tous leurs états. Les puces du chat et du chien peuvent piquer l'homme, mais moins fortement que la Puce irritante , et elles le quittent volontiers. La Puce dit chien a le bord du front garni d'énormes épines. La Puce irritante choisit avec prédilection les peaux plus délicates des femmes et des enfants. Beaucoup d'animaux ont leurs puces ; ainsi le pigeon, l'hirondelle, la chauve-

Fig. 279. Puce de l'homme, grossie.

souris , la taupe, le hérisson, le blaireau, le mulot, la musareigne, etc.

Par une anomalie singulière les puces si dégradées ont des métamorphoses complètes. Les œufs sont pondus dans la poussière , dans les fentes du plancher, sur les coussins où dorment les animaux, dans les langes des jeunes enfants. Il en sort des larves blanches et transparentes, sans pattes, trèsremuantes , se tortillant comme des petites an-

guilles. Réauiiiur, M. Blanchard ont vérifié, sur c>.s larves, un fait de mœurs étrange , unique chez les insectes. La mère puce va leur dégorger dans la bouche le sang dont elle s'est remplie, et on voit, sous leur peau transparente, se colorer le tube digestif. Si la mère est tuée ou se laisse emporter au loin, les larves meurent de faim. Chaque larve, au bout d'une quinzaine de jours, se file un petit cocon entremêlé de poussière. Elle s'y change en nymphe dont la forme rappelle l'adulte et qui en a déjà les longues pattes.

Les puces ont une trèsgrande force musculaire.

On en a montré , sous le nom de Puces travailleuses, attachées par des fils de soie de cocon, traînant des chariots, des petits canons.

Cette récréation n'est pas récente, car Moufet et Geoffroy en parlent dans leurs écrits.

L'homme est encore la proie de la Puce pénétrante ou Chique. Son bec est très-long, son corps effilé et étroit (fig. 280). Le mâle demeure toujours grêle et errant, plus petit que la Puce irritante. La femelle pénètre sous la peau et se gonfle peu à peu par les liquides qu'elle aspire. Son abdomen devient énorme , gros comme un pois, sur lequel la

Fig. 28U.

Puce pénétrants, grossie.

tête et le thorax ne paraissent plus que comme un point brunâtre. La ponte a lieu, de graves ulcérations en résultent , et on a vu des cas suivis de mort. Ces chiques abondent aux Antilles, à la Guyane, au Brésil, en Colombie. Les pieds nus des nègres et des Indiens en sont souvent attaqués. De vieilles négresses savent les enlever avec dextérité, à la pointe d'une aiguille, de manière à prévenir tout danger si on opère à temps.

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