‹ Les métamorphoses des insectesChapitre 20 sur 27 · III. MINI RES · texte numérisé non relu

III. MINI RES

regret rejeter la jolie légende des mères puces venant dégorger du sang à leurs larves abritées dans les rentes des planchers, OU dans le duvet des couvertures. Chaque larve, au hou! d'une quinzaine de jours, se file un petit cocon entremêlé de poussière. Elle s\ change en nymphe dont la forme rappelle l'adulte, et qui en a déjà les longues pattes.

Des observations toutes récentes et encore inédites ont été laites par M. Balbiani, qui a bien voulu nous autoriser à les mentionner et nous confier des dessins. Nous le remercions dans L'intérêt de notre livre. Ces études ont principalement porté sur le développement de la pnce du chat. On se procure en abondance les œufs et les petites larve- en peignant un chat au-dessus dune feuille de papier. Les larves naissantes dépassent à peine le millimètre, et se tordent comme des petits serpents (fig. 575). Elles sont aveugles, blanches, sans pattes, munies de poils portés sur des mamelons. Elles possèdent des pièces buccales broyeuses, tandis que la puce adulte aura les appendices qui entourent la

Fi.'. 575.— Larve de puce du chai naissante, trés-gn

bouche transformés en organe de succion. Le l'ait le plus saillant qui constitue la découverte de M. Balbiani, existant aussi sur les jeunes Faucheurs (arachnides) et sur quelques larves de divers insectes, c'est la présence sur le front de la larve d'un tubercule corné, de couleur acajou, offrant une arête carénée en haut, logé dans une cavité de la tête et sécrété par une matrice formée d'un tas de cellules glandulaires (fig. 576).

Ce tubercule est l'analogue de la corne frontale transitoire des Zoés, ou jeunes larves de certains crabes, prises autrefois pour des espèces particulières. M. Balbiani a nourri ces petites larves de la puce du chat avec des morceaux de sang caillé de divers animaux ;

Fig. 376. — Tète grossie de la larve naissante de puce du chat, et tubercule avec les cellules formatrices.

elles les rongent avec avidité, et on voit bientôt par transparence une fine ligne rouge qui indique leur tube digestif. Elles sont très-voraces, et mangent d'une manière indifférente les caillots de sang de mammifère ou d'oiseau . Elles se sont nourries aussi de sang de grenouille ou de poisson ; mais cette alimentation ne semble pas leur convenir, car elles sont devenues anémiques, et n'ont pu arriver à la nymphose. La puce du chat, qui provient de ces larves, est plus petite que celle de l'homme et du chien, et en diffère par quelques détails des appendices anaux. La puce de l'homme a aussi le tubercule céphalique corné chez la larve naissante (fig. 577). D'après M. Balbiani la cavité céphalique où réside la corne brune de la larve de la puce de l'homme est entourée d'un péritrème corné brun, bordure qu'on n'aperçoit pas pour la cavité analogue de la larve de puce du chat. Les tubercules

IIEMIPTÊRK

«lu bec des oiseaux force musculaire. <>u en

cornés de la tète de ces larves servent probablement à percer fa coque de l'œuf, comme le tubercule cornu caduc de la mandibule supérieui sortant de l'œuf.

Les puces ont une grandi a montré, sous le nom de puces travailleuses, attachées par (les lils de soie de cocou, traînant dos chariots, des petits entons.

Cette récréation n'est pas récente, car Mou Ici i 1634) et Geoffroy en partent dans leurs écrits. A propos de la force des puces, gardons-nous de croire, au mépris des mathématiques, qu'une puce de la taille d'un homme sauterait aussi haut que le Panthéon; elle ne sauterait pas à deux métrés.

L'homme est encore la proie de lapuee pénétrante ou chique. Son bec est trèslong, son corps effilé et étroit (fig. 578). Le mâle demeure toujours grêle et errant, plus petit que la puce irritante. La femelle pénétre sous la peau et se gonfle peu à peu parles liquides qu'elle aspire. Son abdomen devient énorme, gros comme un pois, sur lequel la tête et le thorax ne paraissent plus (pie comme un point brunâtre. La ponte a lieu; de graves ulcérations en résultent, et on a vu des cas suivis de mort. Ces chiques abondent aux Antilles, à la Guyane, au l'aval, en Colom-

j. ">7". — Tête grossie de la lai ?e naissante de la puce de l'homme, et tubercule de profil.

bie. Les pieds nus des nègres et des Indiens en sont souvent attaqués. De vieilles négresses savent les enlever avec dextérité, à la pointe d'une aiguille, de manière à prévenir tout danger si on opère à temps. Le docteur Guyon rapporte qu'au Mexique une compagnie de chasseurs de Vincennes fut obligée d'aban- / ' -.'J^ i;|B| donner un vieux bâtiment où | elle devait passer la nuit, en raison des insupportables piqûres d'une armée de ces puces pénétrantes. C'était la 6e compagnie du 18e bataillon de

Fi?. 578. chasseurs qui, dans la nuit du

Puce pénétrante, grossie. jg m on maj,g jgg^ ayait

reçu l'ordre de séjourner sous une vaste voûte, dont le sol était couvert de pierres et de débris. Les lancettes envenimées des chiques furent plus puissantes que le fusil à aiguille. Toutes les parties du corps de l'homme peuvent être leur proie. Elles piquent aussi les animaux domestiques, et les singes élevés en captivité dans les maisons. Le docteur Laboulbène a observé la chique à Paris sur un sujet revenant du Brésil, d'où il avait rapporté ce parasile vivant et développé.

TMJLI-: Di:S GRAVURES

Vbeille femelle

mâle

— ouvrière

— diverses cellules. . . .

larve

Acridien voyageur, amis et larves

Acridien voyageur, abdomen et tarse grossi

Adèle de de Geer

Amphidasys prodromaire . . .

Anthidie tacheté

— larve et cocon. . . .

Aphrophore écumeuse, mâle et femelle .

Aphrophore écumeuse, larves.

Arge Inès.

krgynne grand-nacré ou Argynnis aglaia

krgynne paphia, chenille el chrysalide

Ascalaphe méridional

— larve

Ateuchus à large cou

Attacus de la reine Isabelle, sa chenille

Attacus yama-mal, chenille, cocon

Attagéne des pelleteries, nymphe, larve, adulte

Aurore de Provence

Page 1